jeudi 21 août 2014

+++en construction Cindy Sherman

++++ je suis une feignasse j'ai pas encore fini mon compte-rendu de l'expo, gros bisous+++++

De retour de l'expo de Cindy Sherman, je reste troublée. Les photo posent plus de questions qu'elles ne livrent de réponse et je comprends désormais pourquoi l'artiste se refuse à nommer ses oeuvres. Un titre expliquerait, livrerait des signes, une tentative de signification... Quelque chose auquel le spectateur pourrait se référer pour tenter de construire son opinion.

Mais non, les oeuvres sont muettes sur leurs noms.

vision de la femme - effrayée, frayeur découpée en morceau, visions de psyhopathes
ou alors
les femmes mûres, sûres d'elles, quasi grotesque avec leur maquillage outrancier


Sils Maria: délicieuse mise en abyme et fin devinée, quasi vaporeuse

... je le dis tout de suite je n'ai vu qu'une première moitié de Sils Maria.

Mais soudain j'ai compris où se situait l'intérêt du film: dans cette mise en abyme, qui voit Kerstin Stewart évoquer les films de super-héros, en disant que les super-pouvoirs ne sont qu'une convention comme les autres. Ou plus troublant encore, lorsqu'elle évoque des blockbusters hollywoodiens peuplés de loup-garous, son personnage glosant sur son parcours d'actrice. Tout est flouté.

Mais au coeur du film se retrouve la relation entre l'assistante, quasi maternelle et pourtant si jeune, et la star adulée mais vieillissante (une Juliette Binoche lumineuse), et un peu déphasée dans un monde moderne qui court trop vite pour elle et dont elle ne maîtrise pas les codes Internet.

Maria Enders, l'actrice sur le déclin (forcément 40 ans, le début de la fin pour une actrice), se voit proposer de rejouer la pièce de théâtre qui l'a lancée lorsqu'elle avait 18 ans. Mais elle ne doit plus jouer la tentatrice  vénale, mais bien la femme mûre qui est conduite au suicide par cette passion destructrice.

Face à défi et à cet aveu - elle n'est plus toute jeune, elle qui s'attendait à jouer le rôle de la tentatrice devenue vieille, elle doute. Elle réalise qu'on vieillit plus dans le regard des autres que dans sa chair. En cela "Sils Maria" réussit là où "Boyhood" échouait, à n'exposer que le vide laissé par le passage du temps sans relater ses effets affectifs sur les personnages.

 Elle confond les époques lors des répétitions, se souvenant des répliques de la jeune Sigrid, plutôt qu'Héléna. Sa jeune assistance l'aide, endosse le rôle de Sigrid.

Et peu à peu, comme le fil du temps, un glissement s'opère. Les frontières entre la répétition et la vie des deux femmes se floutent. N'y a-t-il pas un rapport de séduction entre l'assistante surprotectrice et l'actrice, qui sait pourtant lui rappeler qu'au final, c'est elle la patronne. Mais l'assistance sait envoyer des piques qui dévoilent entre traitillés la nature plus trouble qu'il n'y paraît de leur relation.

- C'est la meilleure actrice que je connaisse.
- Ce n'est pas moi, ton actrice préférée?
- Pourquoi, tu es jalouse?

Puis j'ai dû partir, mon train pour Bellinzona n'attendant pas. Donc je n'ai pas vu la fin du film. Toujours pas. Mais c'est fascinant, je n'arrête pas d'y penser et de chercher une fin à ce film envoûtant.

Je  commence à tout remettre en question. Est-ce que ce glissement entre les genres ne s'applique pas au film en entier? Où est la réalité?
Pourquoi la veuve de l'écrivain brûle la suite de la pièce de théâtre? pour ne jamais donner à Maria l'occasion de jouer la suite, Sigrid à 40 ans? que reproche-t-elle à l'actrice, qui aurait pu séduire son mari à l'époque? Les dénégations de Maria sont trop contradictoires.

Et puis l'assistante, qui semble tant vouloir que l'actrice joue dans cette pièce, a peut-être tout orchestrer. Un site internet me donne deux acteurs pour un même personnage secondaire. Et j'imagine soudain un piège mis en place par l'assistante, qui désire elle aussi manipuler l'actrice et tout gérer sa vie. La faisant jouer dans une pièce. Le metteur en scène n'existe peut-être pas.
et la jeune actrice trash, qui doit jouer le rôle de Sigrid, on ne la voit jamais apparaître. C'est l'Arlésienne. Peut-être n'existe-t-elle tout simplement pas et l'assistante veut revêtir ce rôle.

Je perçois comme un mystère qui plane, à l'image de ces nuages qui passent le col de Maloja pour se déverser dans l'Engadine, planant sur le lac de Silvaplana. Le serpent de Maloja.






lundi 11 août 2014

Aux bains

Revue des corps étalés sur les planches de bois
Dans la perspective de corps à corps
Mollets torse et grands fessiers
Tout est rond et galbé à souhait
On en ferait des  bouchées

Reste la saveur de sel sur le visage
- la mer est loin pourtant -
A force d'avoir trop pleuré

Trop tard pour le grand marketing de l'amour
Les produits sont parfaits
et l'emballage travaillé

Mais quel est le prix à payer
pour remplir ces enveloppes prometteuses
d'émotions quelconques

Quel souffle, quel élan
pour de si prosaïques échanges marchands ?

Epiderme contre épiderme
Parfois le frottement des muqueuses
suffisent à provoquer l'épiphanie souhaitée

Mais moi je cherche
l'impossible correspondance
des âmes
L'esprit aussi aiguisé que la silhouette

Et pour cela le Letten n'est qu'un troublant Léthé



samedi 2 août 2014

Mehr Licht

Les étagères de la forêt se dressaient devant moi
Plus de branches, mais des tablards successifs
où s'étendaient par milliers les feuilles noircies.
Cette promenade dans cette forêt était une paix  à mon esprit.
Et je ne pouvais guère oublier les incendies terribles
le napalm sur les rayonnages de Sarajevo
Ici nulle étincelle destructrice
si ce n'est celle de l'ignorance
et je vois dans mon cauchemar brûler
la bibliothèque
se consumer par le dédain du profit