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mercredi 22 avril 2009

tranches de vie

vu sur le quai 4 de la gare de genève :

un mec avec un t-shirt Israël ("the only democracy in the middle east") qui mangeait un hot-dog...
Et ça n'a rien à voir :
lu dans les trams des tpgs :
"nos conducteurs sont formés à la conduite douce, mais tout peut arriver, alors tenez-vous"

lundi 26 janvier 2009

l'église catholique et moi, c'est fini

Non mais...
Ecône, c'est le mal incarné pour moi, l'illustration de ce que la fermeture d'esprit peut donner. D'ailleurs, je ne suis pas du tout étonnée qu'un de leurs évêques soit négationniste, pour des gens qui tous les Vendredis saints prient pour les perfidi Judi.
Ce sont des personnes qui refusent des antidouleurs aux agonisants sous prétexte que le Christ a souffert sous la croix pour les sauver : les Talibans ont l'excuse de ne pas avoir fait d'études, j'en cherche toujours pour ces fondamentalistes.

Donc, cher Benoît, il faut choisir, c'est eux ou moi. Vu que certainement tu as d'autres chats à fouetter qu'une petite dievouchka, c'est moi qui vais partir.

ps : les protestants c'est embêtants, ça manque de rituel et de pompe. Restent les orthodoxes... Tibie payom, tibie blagaslavim, tibie blagadavim, gospodi...

mercredi 12 novembre 2008

la révolution culturelle revue par Hu Jie


Pour les gens de ma génération qui se complaisent dans un post-modernisme fataliste, mai 1968 se conçoit avec un haussement d'épaules... ou un geste d'impatience. Ce n'est qu'aujourd'hui que j'ai réalisé ce que peut signifier le renversement total des valeurs : prenez le cas de la Révolution culturelle maoïste.

Quand on me dit Mao, je pense inévitablement à mon ancien prof de philo, qui loin d'être gauchiste (pensez donc ! un valaisan) arborait de superbes chemises col mao. Puis vient ensuite dans mon esprit le formidable succès éditorial que constitue le petit livre rouge. Pour le reste de la politique chinoise, le peu que je connais vient d'un roman historique à l'eau de rose écrite par une Américaine (oui je sais c'est la honte, mais quand j'avais 14 ans, ma vision de la littérature se réduisait aux romans historiques à l'eau de rose, style La bicyclette bleue)

Aujourd'hui, mon ignorance s'est effondrée, effarée, à la lecture du dernier numéro de Monde chinois, une revue que je vous conseille d'ailleurs. Bref, ce numéro est assorti d'un dvd contenant les films d'un cinéste chinois, Hu Jie. Ce dernier a consacré un de ses derniers documentaires au meurtre d'une rectrice d'un lycée de jeunes filles.

Dit comme cela, l'on pense inévitablement à la violence juvénile, aux classes de la périphérie et l'on soupire, à nouveau fataliste, tout en espérant ne jamais devoir être envoyée dans un tel enfer. Rien de tout cela.

Si la rectrice du lycée en question a bien été assassinée par ses élèves, les circonstances demeurent quasi hallucinantes d'un point de vue philosophique. Car c'est à l'instigation du gouvernement chinois que la Révolution culturelle fut lancée, enjoignant les jeunes à se libérer du carcan de leurs parents, présentés comme des contre-révolutionnaires bourgeois.
A lire les douloureux détails de la mise à mort (tuée à coup de planche à clous, forcée de manger ses propres excréments), on se dit que seules des adolescentes ayant vécu les pires atrocités de la guerre civile pouvaient être "décivilisées" pour en arriver à devenir des bourreaux.
Ici pas de guerre civile : les adolescentes appartiennent à la génération rouge, les enfants nés après la révolution communiste, dans un monde en construction, certes, mais paisible. Leur schéma mental est passé d'un coup d'une vision paisible et ennuyeuse de classe et de charabia propagandiste à un monde inversé où elles détiennent le pouvoir et peuvent renverser leur professeur - tout en conservant l'apparence de normalité car cette anarchie est promue par le gouvernement.

Tout çA pour dire que l'homme n'est pas éloigné du pire et que le meilleur vernis civilisationnel peut craqueler pour faire sortir les pires instincts-
Homo lupus homini.
This post is about Hu Jie, a chinese cineast whose latest movie is about the cruels crime of the Chinese Cultural Revolution. I speak about the murder of a schoolteacher and provisor, beaten to death by her own students. Actually, those girls went directly from a "normal" behaviour, from the boredom of the classroom to the savage cruelty, order being reversed, students beating teacher. This actually doesn't come from perturbed minds by civil war, but was motivated by Mao : the governement was at the origin of that anarchy that lasted 10 years.

mardi 11 novembre 2008

armistice


armistice : du latin arma (les armes) et tacere (se taire), moment sacré où les armes se taisent paraît-il...
Novembre et déjà les arbres ne sont plus flamboyants, pluie intermittente qui cendre le paysage... Les pluies du nord embourbent les tranchées, annihilant les cadavres, mousse de poilus qui s'imbriquent dans la boue liquide, les corps des vivants qui éclatent sous l'orage d'acier, les chairs se désagrègent...
Il y a nonante ans la tragédie se terminait. Et si la deuxième guerre a par ses horreurs occulté la première, il n'en faut pas pour autant négliger sa noirceur... Ceux qui ont vu La chambre des officiers seront d'accord avec moi : dans ce film, on réalise que parfois la mort n'est pas le pire qui peut nous arriver : "Où sont mes dents? où est ma bouche?", premier témoignage d'un défiguré dont le spectateur ne peut que s'imaginer le visage, la caméra ne le livrant jamais.

Le grand drame fondateur qui a modelé l'Europe d'aujourd'hui et porté en elle les graines de la deuxième grande boucherie patriotique. Comme le dit si bien Laurent Wolf dans Le temps d'aujourd'hui, chacun porte en soi sa guerre, celle qui l'a marquée. Car "chacun est enclin à chérir sa douleur et à sous-estimer celle des autres pour le pouvoir que cela donne".

http://www.letemps.ch/template/societe.asp?page=8&article=243736
ps : je voulais vous mettre en illustration une photo d'une "gueule cassée" de la Grande Guerre. Je suis tombée (après une recherche sur google image) sur des images tellements fortes que du coup je me suis auto-censurée. Une petite créature pétrifiée pour la métaphore fera l'affaire.