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lundi 6 juin 2011

insomniac/amnesiac

et soudain l'insomnie me prend......

........ un jour j'étais tellement fatiguée que je me suis convaincue qu'"insomniac" était le titre d'un très bon album de Radiohead avant de me rappeler qu'il s'appelait "amnesiac".

Mais le procédé doit être du même acabit, en ordre inverse. Si l'insomnie fait sortir les idées du cerveau et les laisse mariner là haut sur le plafond de la chambre, s'étalant pour prendre des dimensions insoutenables - tout problème devient toujours irrésoluble par nuti d'insomnie - ou alors - oh joie insoupçonnée - des allures profondément créatrices (qui parfois retombent comme un soufflé au réveil), l'amnésie prive le cerveau de tout fondement.

vierge
atone
vide

est notre esprit.

Si les idées fusent et diffusent sur le plâtras de la chambrette - comme si notre cerveau, par un beamer invisible, dardait ses rayons sur l'écran blanc du plafond, le phénomène est inverse dans l'amnésie. Tout est avalé par un trou noir.

je me rappelle qu'une fois, il y a peut-être cinq ans, j'ai passé une journée entière à ne pas me rappeler le mot "scalpel". Là, plus près de moi, je ne me rappelais plus du mot "alhambra", j'avais beau essayé de le faire ressusciter dans ma tête, mais seul venait "alcazazar" et des images de cuisses emplumées qui semblaient dépareillées aux ors nasrides.

Bref, vient un temps où il faut admettre qu'une certaine forme d'amnésie nous prend le temps aidant. Déjà oubliés les théorèmes de Pythagore et je ne parle même pas des tangentes et autres cosinus. Des bancs de l'université me restent quelques anecdotes.
et je me dis que j'ai été sotte de ne pas journellement coucher mes impressions et autres dialogues. Mais pour faire revivre le tout, pour donner vie au soufflé désagrégé de ma vie, il faut du Michel Butor ou alors carrément du Proust, et je n'ai aucune vie de prêter le jeu à une comparaison que je sais d'avance ridicule.

amnésiaque...

le cerveau vide
atone
vierge

comme une tabula rasa. Comme ces gens qui disparaissent, hâpés par un panneau "déviation" sur le chemin du boulot. Se prêter au jeu du recommencement, car c'est tellement plus facile de faire face.

de recomposer
une à une
les images du plafon
pour en faire émerger la signification.

Toute vie ne se résume-t-elle pas à rassembler les signes présents sur notre route, et à y insuffler du sens? Que les symboles cessent de résonner comme de l'airain et prennent chair?

Les idées, une rassemblées, vont ainsi sagement reprendre place dans ma tête, et moi pouvoir me rendormir.

jeudi 19 mai 2011

train de nuit pour lisbonne

Est-ce cela la vie : ne reconnaître des autres que l’empreinte qu’ils laissent dans notre rétine, alors que ce reliquat, qu’ils veulent bien nous donner, change d’après notre humeur ? Est-ce toute la réalité d’un univers entier se meut derrière des lunettes que nous chaussons en même temps que notre conscience et par là même notre subjectivité ? J’aimerais tant pouvoir communier avec les autres, et parfois les murs se fissurent et un instant vrai et pur – de la grâce comme sait si bien la capter Terrence Malick, dénuée de toute intellectualisation et pure sensation – se dégage..
Tout langage est-il un signe tendu à l’autre ? certains voient toute relation avec l’autre comme un combat permanent, que ce soit pour le séduire, ou l’anéantir sous sa volonté. Certains jalousent les autres, ou se complaisent dans les ragôts….. Il me semble que bien peu cherchent à partager des réflexions sur ce qui fait la vie, sur son tissu chatoyant, ses rouages qui parfois se grippent….
Alors que le monde est rempli de symboles, une forêt entière selon Baudelaire, et bien peu cherchent à relier les signes entre eux, à rendre lisible cette réalité cachée, ces ondes muettes qui traversent le monde. A transformer des points en des constellations.


A écouter mugir les torrents et savourer leur petite musique.

A tenter de déchiffrer la respiration marine et sa longue phrase à jamais inintelligible.
Parole sacrée, qui résonne comme un gong, qui touche certains, mais bien peu…
Fièvreuse attente, comme les câbles et les rails qui grésillent avant le passage d’un train.



ps: et oui je lis Train de nuit pour lisbonne...

vendredi 27 août 2010

électricité dans les airs...

tout est lourd et j'attends que l'orage se déclenche, en écoutant une chanson nerveuse d'Arcade fire "we used to wait".
mais si le corps est alangui, l'électricité dans l'air aiguille le cerveau. Cependant tout reste infusé dans ma tête sans prendre une forme précise.
trente ans
j'y pense et puis j'oublie. j'y pense peut-être trop et ça m'a mangé tout un été d'avoir ce poids sans raison qui occupe tout l'esprit. J'ai perdu cette légèreté à force de me convaincre qu'il était désormais temps de la perdre
mais cela revient, tout reflue comme la marée, les idées, linspiration, l'envie d'apprendre des choses nouvelles, de voir des futurs conseillers fédéraux évoquer l'industrie des machines, de scruter une conseillère fédérale cligner des yeux, puis d'ébauche la biographie d'eugène haltiner.
comme quoi, on est parfois plus efficace dans des sujets auxquels on ne connaît rien.
je m'infuse, je diffuse, je suis une idée voleteuse, fureteuse et sans peur.
j'attends pour la pluie pour redevenir logique. l'ai-je été un jour?

jeudi 12 août 2010

gary shteyngart alors que la russie brûle

Ai enfin le livre que je trimbalais dans mon sac pour mieux supporter le train et les pauses de midi sur mon banc bernois envahi de fourmis. Je sais désormais pourquoi j'ai pris tellement de temps à feuilleter ce livre, au titre si nul (Russian Debutante handbook), mais au contenu si génial.
Encore une fois je ne peux que me satisfaire de cette vision anglo-saxonne de la littérature, la mieux à même de rendre compte d'une atmosphère, et au souci apportée à l'histoire plutôt qu'à la musicalité. Finalement la chanson et la littérature français ont ceci en commun d'être complètement intellectualisée et de laisser de côté le sel de l'histoire ou de la mélodie pour des constructions charmantes... et conceptuelles. (ce n'est pas une critique, j'adore les deux... enfin quand ça ne tombe pas dans la variété).

Bref, ce livre m'a transporté à Prava, ville décalquée sur Prague, et sur tout cette atmosphère des expatriés occidentaux cherchant un sens à leur vie dans les décombres de l'empire soviétique. J'y ai trouvé un miroir déformant de mes propres aspirations en Russie, vivre plus libre loin de l'ennui helvétique. Et pourtant j'en étais consciente. et je savais, comme dans la chanson de pulp "common people" qu'à tout moment je pouvais partir et rejoindre le confort des salles de bain suisses et de la Migros.

C'est ce que j'aime chez les Russes, leur lucidité à se savoir observer comme dans un zoo par les expatriés occidentaux, qui jamais ne s'avouent leur basse motivation exotique.
Dans ce livre, le héros, un juif russe émigré depuis quinze ans aux USA, se retrouve à Prava et y rencontre une Américaine qui s'entiche de loin. A un moment donné, il s'aperçoit que l'ex de la Yankee est un pauvre Européen de l'ESt, engoncé dans un costume ridicule et avec une coupe de cheveux. Et il se rend compte qu'il n'en est pas si éloigné, sauf qu'il possède un passeport américain, et qu'il est d'un exotisme supportable pour l'Américaine.

Bref, le feu embrase toutes les Russies, j'y pense chaque nuit, espérant qu'il y pleuve, et je sais que je n'ai aucune prétention à me sentir proche des Russes, et je sais que j'oublie même le mot "agon" et que je n'ai jamais su comment on disait incendie.
Je me rappelle néanmoins de la paralysie générale du pays, engoncée dans la corruption et un immobilisme des services publics, hérité du soviétisme.

mardi 27 juillet 2010

1er août


A l'approche du premier août je me sens prise d'une suissitude aigüe. Et je parcours inlassablement (euh... mal aux pieds toutefois) monts, montagnes, petits mamelons itou, de la campagne fribourgeoise. C'est ainsi que je me suis aventurée dans la vallée du Motélon, jusqu'aux chalets aux noms islandais (Varvalanna ....), pour accéder à une croix fleur-de-lisée, puis redescendre par un plateau oublié des hommes et repeuplé de rhododendrons... C'est là que se tient cette cabane, qui n'est plus utilisée pour l'alpage.




chalet des merlats, au fond le vanil du van que nous avons foulé de nos meindl ! Bon, bref, des paysages comme ça, ça réveille l'Heidi qui sommeille en moi... et me voilà en train de déguster un sirop de http://www.jardinsdesmonts.ch/ (jetez y un coup d'oeil, seulement pour le découpage (j'addddddooooooore le papier découpé je vous ferais un post là-dessus un de ces jours). Un sirop de nepeta citronnée, je précise, qui est épatante...


Une toile de Giovanni Giacometti, le père de....



tant de bucolisme pour me dire qu'en effeuillant la blogosphère je suis tombée sur un article de Pandora (http://www.misspandora.fr/?s=segantini) qui parlait de Giovanni Segantini. Les toiles représentées m'ont immédiatement fait penser à du Hodler, ou alors au père de Giacometti, qui se prénommait Giovanni, des peintres présent au tournant du XIXe siècle dans les vallées italophones des Grisons (val Bregaglia) .


J'adore ce style de peinture, et un petit tour il y a quelques années dans le Kunstmuseum de Coire m'a définitivement convaincue de la vitalité artistique de la région .

Transcrire la montagne et retraduire ce foisonnement fauve, ces couleurs qui s'entrechoquent, cette lumière particulière..

mardi 11 mai 2010

la grèce sombre

Le plus vieil olivier de Zakynthos
(au premier plan, un pope, l'un des nombreux
fonctionnaires publics qui ont contribué
à grever le budget du pays)
Un pays qui risque le naufrage...




relié à l'euro par une cordelette










dimanche 20 septembre 2009

Kalamaki


La plage du naufrage, Zante, photo de Rob, que j'ai trouvé ici : http://www.flickr.com/photos/robwallace/89912103/

Tout prochainement je vais m'envoler vers le soleil et la chaleur qui ont déserté nos austères latitudes. Je ne peux m'empêcher de penser à Houellebecq qui évoquait dans Plateforme l'absolue nécessité pour les Occidentaux de s'envoler vers le soleil, dans des flux migratoires... Bon, pour être totalement franche, Houellebecq en concluait que tout Occidental cherchait le sexe exotique inhérent aux vacances lointaines... mais bon, là je m'éloigne complètement de mon sujet...
Je suis entrée récemment dans le monde du travail, ce qui a l'effet de réduire considérablement mon rythme de publication. Tout l'été, j'ai été une petite fourmi, puis septembre est venu et toujours pas d'occasion de me détendre. Moi qui détestais l'idée de vacances platement plagières, me voilà en train de rêver d'une vie moins trépidante, allongée sur le sable fin.

mercredi 15 avril 2009

j'ai un coeur en fer forgé. Dans les interstices, des ptyx érodés patientent

Au fond à quoi mesure-t-on la fuite du temps ?

d'apprendre parfois que les "cools" de notre adolescence sont -enfin ?- devenus ringards. Depuis quand les rollers inline et le snowboard ne sont plus à la mode ? Les années 90 - nonante, avec toute mon identité romande- meurent de leur belle mort, elles agonisent à foison. (de l'avis d'un vendeur de snowboard, les seuls usagers ont bientôt trente ans et la lifestyle fun ne survit pas à l'arrivée du carving.... quand au roller ,allez à ouchy regarder les inconditionnels. ils ont pris du bide et des rides....
Etre adulte et s'apercevoir que ce qui nous donnait des complexes à l'adolescence est bel et bien dépassé.... C'est bizarre, cette nouvelle devrait me combler de joie, mais elle ne fait qu'ajouter à mon spleen ambiant.
Quel est donc le zeitgeist ? comment saisir ce qui fait et qui défait ? si ma jeunesse devient passé antérieur, qu'est-ce que ça fait de moi ? Une antiquité, une adolescence passée sans natel ??
Qui peut se poser en Pétrone, arbiter temporI ? l'arbitre du bon goût ? toutes les multitudes du bon goût s'opposent, dans un match de catch dans la boue entre bourgeoises à serre-tête et rangs de perle, et play-mates aux mini-short et souliers compensés ....

qui est ringard actuellement ? qui le deviendra ? Devrait-ton honnir le bon goût et bon gré et mal gré, poursuivre son bonhomme de chemin ??

En attendant, mon âge me revient comme un boomerang en pleine figure : enfin ce n'est pas moi, mais plutôt la réflexion d'un ami, qui me confie que 29 c'est le pire âge. "Tu t'imagînes que tu dois réaliser tout ce que tu avais de faire avant d'avoir trente ans, et c'est là que tu réalises que c'est impossible...."

Première constatation : y a-t-il vraiment des gens qui écrivent de telles listes ?---- qu'y coucherais-je comme souhaits ? je m'interroge...
Je ne crois pas cloisonner mes décennies dans des "to do" list.... J'ai fait déjà pas mal, me murmurais-je, et il me reste beaucoup à accomplir... mais cela demeure du domaine de l'informé, de la brume imprécise... Je n'arrive pas à plaquer des projets sur ce futur informe. Est-ce là ma tare ? j'attends que le vent m'apporte ce à quoi j'estime avoir droit, déchiffrant les "forêts de symbole", la vie peuplée de signes à lesquels je donne une signification plénière.... comme la majesté des magnolias.

lundi 2 mars 2009

le beau l'utile et l'agréable...


dans le voyage du retour, le train-train habituel me permet désormais de laisser filer mes pensées, au rythme des roues tournoyantes. Et oui, un petit achat bien pratique me permet désormais de m'isoler des conversations désolantes de mes concitoyens : des écouteurs qui vous coupent du monde extérieur et qui vous permettent d'écouter en toute quiétude de la belle musique ou des bo podcast de la radio suisse-romande (qui me paie même pas pour cette belle pub gratuite)...

bref désormais la rubrique train-train sera consacrée non plus aux plus belles perles ferroviaires que je peux rapporter (je pourrais même les mettre sur un collier, tiens, une jolie activité, enfiler des perles), mais aux diverses associations d'idées qui me conduisent cahin caha jusqu'à Genève tous les jours...


Platon (ou Socrate, ou un autre philosophie pré ou postsocratique) disait que seuls le beau, l'utile et l'agréable étaient dignes d'êtres rapportés. Un programme comme celui-ci peut couper toute volonté de se lancer dans la carrière courageuse de chroniqueur - tout comme le nouveau Roman a définitivement tué dans l'oeuf ma vocation d'écrivain - mais a le mérite de couper court à certaines conversations.
Ma question : raconter sa vie aux autres, n'est-ce pas finalement le but de toute conversation ? Le fameux philosophe a énoncé sa loi certainement pour devoir se défiler au devoir d'écoute, non ? Car les petites aventures des autres peuvent nous servir d'exemples, mais également être empreintes d'un certain esthétisme ?

Ma théorie, c'est que toute oeuvre fictionnelle se nourrit d'éléments biographiques, réels ou fantasmés, et que même les faits divers ne sont que matière à investir et à insuffler un souffle nouveau, à y implanter sa marque. N'est-ce pas là finalement le sens du célèbre "Madame Bovary, c'est moi!" de Balzac ?

Quant à moi je voulais vous parler de ma façon personnelle de ne pas décorer les murs. Six mois que je vis dans ma petite chambrette, et les murs sont toujours nus. Je ne peux me résoudre à y accrocher mes posters soviétiques ou de Pollock (le nom de l'école de peinture déjà ? oh zut, j'ai oublié je suis nulle en art moderne). Ma procrastination dans l'achat de punaises ou de cadres atteint des sommets.

Pourtant lors de ma première escale à Lausanne, ma chambre de jeune fille en fleur était sous le signe du baiser de Klimt. Une manière que j'avais de conjurer ma solitude et d'attendre le Prince charmant sous les ors et les pluies d'étoiles. Car le fond brun que vous voyez sur les reproductions n'est rien comparé aux subtiles matières chatoyantes de l'original, semblables à une nuit d'été, d'où se détache le couple rayonnant. Deux êtres qui n'en font qu'un, fusionnant les prairies, les étoiles, le soleil et l'univers tout entier, une magnifique métaphore de l'amour, tel que je le croyais naïvement alors, (et j'avoue que quelque chose en moi y reste fidèle, à l'amour fusionnel).

dimanche 1 mars 2009

paupières lourdes et souvenirs de Carnaval


sous les toits de Lausanne, je viens de me réveiller, et j'effeuille les jours passés...Déjà écoulées les joies du Carnaval, où la Terre se met à tourner à l'envers, où le fou devient roi et où les masques peuplent le monde.

Certains n'y voient que beuveries, moi j'y vois le monde tel qu'il devrait être, où le subconscient se lâche et où les hommes communiquent sans masques...

Et curieusement, c'est lorsqu'on se farde et se masque qu'on devient plus authentique, moins pressé par les diverses conventions sociales et les déterminismes...

Le déferlement des passions et les lois de la bienséance brisées à jamais...



ps : l'image dépeint le carnaval des Bolzes, avec la tour menaçante de la cathédrale St-Nicolas et je l'ai trouvé là :

mardi 17 février 2009

l'amour : quête de l'altérité ?

n
La St-Valentin a eu des effets dévastateurs, et j'ai bu moults cafés noirs pour discuter de casuistique amoureuse avec des amis, de façon tout à fait platonique; un peu à l'image des romans médiévaux où les dames courtoises - et qui devaient s'ennuyer ferme dans leurs grands châteaux à courant d'air - inventaient mille et une péripéties dignes de Grey's Anatomy.


- Elles imaginèrent que le plus grand acte d'amour consistait à passer la nuit avec leurs amoureux transis, peau contre peau, souffle contre souffle, sans qu'il se passe quoi que ce soit (leurs amoureux n'étant bien entendu pas leur mari parti guerroyer sous d'autres cieux...). On admire en passant le stoïcisme des hommes médiévaux.-


Bref, fermons la parenthèse.

J'en suis venue à cette réflexion : que cherche-t-on finalement chez l'autre ? Une copie conforme de soi-même, un espèce de lac où se mirer, les yeux de l'autre agissant comme le lac où se regarde Narcisse ? Non, ce serait trop vain. Et si au contraire, l'amour naissait d'un appel amené par la différence de l'autre ?

J'ai été profondément troublée par un message d'un panneau publicitaire : je suis les autres (l'influence de Rimbaud ? Non, ce n'est pas la multiplicité du sujet qui est ici à l'oeuvre, mais plutôt la construction de soi par les apports des autres).


En fait, ne passe-t-ton pas notre vie à la découverte des autres ? Comment se passerait notre vie si on avait une autre enveloppe corporelle, d'autres déterminismes, d'autres influences ? Ne pouvoir qu'un instant changer de corps, cela a déjà été illustré dans le psychédélique "Being John Malkovitch" (avec en bonus, la parfaite illustration de l'absurdité d'une vie passée dans un bureau, à écouter mourir ses neurones).

Est-ce que le sentiment amoureux ne naît de cette volonté absolue de possession ? c'est-à-dire de tout savoir de l'autre finalement? et de l'espoir que l'autre va nous regénérer ? nous réparer de nos propres défauts de fabrication ?...
Je ne sais ...
Sinon, l'illustration est tirée du Codex Manesse, si vous ne connaissez pas allez jeter un coup d'oeil à http://diglit.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cpg848/0160?sid=e1b742833b7c5cde666ef7ef4226cc11


lundi 26 janvier 2009

dans le minervois je crois

chers amis lecteurs

Rien de spécial à dire, à part que j'ai reçu une bonne nouvelle, et que je fête le tout avec une bonne bouteille de minervois (quoi, vous ne connaissez pas le vignoble des corbières, honte à vous).

samedi 10 janvier 2009

Invitation ossète


Invitation à souper de ma prof de russe, de 22 ans, d’origine ossète du sud, dont la mère inquiète de la bonne réception de toute razaïka russe, était toute bourdonnante et semblait adorer mon prénom car elle ne s’adressait qu’à moi. Bon en même temps, j’étais la seule à essayer de parler de russe (sprasivatsa gavarit pa rousski).

Bref, on a mangé des ratchapuri faits maison, et j’apprends que ce mets tout simple et chaleureux est assez compliqué à cuisiner : mélange de plusieurs fromage, c’est une alternative caucasienne à la fondue….. d’ailleurs on discute de la similarité des habitats « alpins » et "caucasiens", avoir plusieurs maisons, une dans la montagne en été pour faire paître les vaches, l’hiver dans la plaine pour la vigne et les vergers et pour les céréales…


Madina me reprécise son ethnicité : les ossètes font partie du groupe des kurdes, et sont affiliés aux Iraniens, tandis que la plupart des autres caucasiens sont d’origine turque…. Et les mongols les ont fait se retirer jusqu’aux montagnes… bref, elle comprend un peu le kurde et le farsi. Le Caucase me fascine de plus en plus… Je demande à la mère de Madina comment s’appelle sa ville d’origine : Vladikavkavz. Elle me montre ensuite une photo magnifique de la ville, où l’on voit une montagne majestueuse, la stalovaya gora, la montagne-table, car sa masse énorme s’étale toute en largeur… la mère ajoute quelques mots en russe, je comprends « dievouchka et galova » (jeune fille et tête) je regarde à nouveau la montagne et là, frappée par une illumination soudaine, je vois la montagne devenir jeune fille pétrifiée sous mes yeux, son corps, sa poitrine, son coup sa tête, et les collines « chevelues » (pour faire latiniste) ses cheveux……. La légende raconte qu’une jeune fille était fiancée à son bien-aimé, mais un méchant la convoitait également. Les dieux l’ont pétrifiée, elle et son amant, et il peut la contempler de loin (l’autre montagne dans le lointain, dont j’ai ignoré le nom).
Quelques précisions : ce billet retrace ma vie en Russie, qui date déjà de l'été-automne 2007, bien avant la guerre de Géorgie. Depuis lors, Vladikavkaz a été le théâtre de plusieurs troubles, le plus notable étant l'assassinat de son maire en pleine rue. La photo vient de :
(et oui, pas trouvé d'autre vue de la montagne en question, la photo est d'ailleurs de mauvaise qualité et ne rend pas justice à la montagne...). Le billet précédent copyright dievouchka pour le contenu, je ne me suis pas inspirée d'un texte local.

mercredi 24 décembre 2008

noël, noël, jésus est né---


--- les anges chantent dans le ciel, les bergers offrent des cadeaux, merci petit jésus venu sur la terre pour nous sauver...
je me répète, mais c'est la première poésie que j'ai dû apprendre par coeur, je devais avoir cinq ans, et mes neurones ont en gardé la trace.

Tout ça pour vous dire que c'est Noël, et que je ne suis pas encore arrivée à un stade méditatif extême, plongée dans la course aux cadeaux.

Discutant avec des amis athées qui déploraient que Noël conserve (conservât ah ah) un aspect religieux, je me suis emportée. Sauf preuve du contraire, Noël demeure prioritairement une fête religieuse, on y célèbre la naissance de Jésus. Que des personnes athées - qui devraient par conséquent faire preuve de plus de tolérance que des personnes ultra-religieuses dépourvues de rationnalité- se permettent cette intolérance envers le sentiment religieux m'énerve. Je me considère comme quelqu'un de religieux, en étant totalement anti-prosélyte (et jamais je ne voudrais convaincre qui que ce soit, d'ailleurs j'en parle très rarement, car je considère que cela appartient à la sphère strictement privée), mais de plus en plus, j'ai l'impression qu'il faut se justifier de croire encore à quelque chose dans ce monde perdu et auto-suffisant.

Le problème c'est que les deux fêtes, la religieuse et l'hypercommerciale partagent le même nom. Noël, étymologiquement, c'est la nativité du petit Jésus et non le Père Noël - inventé par Coca Cola, tout de même - apportant des cadeaux. Ensuite, c'est clair qu'il s'agit d'une période de partage, et les cadeaux se font dans cette atmosphère : pour rappel, l'Espérance s'est incarnée, d'ôù tout le reste. Ensuite, que des personnes athées ou d'autres religions veulent participer à cette atmosphère particulière, tant mieux, mais jamais la fête commerciale ne doit éclipser totalement la fête religieuse.

ps : sinon, j'ai été gâtée par le Petit Jésus (et oui, quand j'étais petite ce n'était pas le Père Noël, mais le Petit Jésus qui m'apportait des cadeaux. J'ai appris dernièrement que c'était une coutume germanique, le Christkind, comme quoi, même en étant totalement francophone, j'ai été influencée par le métissage culturel fribourgeois :)) car je tiens dans les mains des exemplaires d'une réédition de nouvelles dont j'ai rédigé la postface. (permettez ce bref moment de non-modestie!).

lundi 8 décembre 2008

chronique hivernale 2007


Ps : voilà le texte d'une petite chronique concernant mon hiver en Russie...

Je survis à une température glaciale. Malheureusement, je ne peux pas édifier les foules par mon courage à toute épreuve, car les thermomètres publics ne sont pas légion dans cette ville. J’ignore si c’est pour ne pas trop mettre à mal le moral des Russes ou des étrangers, ou si cela fait également partie « des plans de Poutine ».
Malgré l’hiver les rues sont garnies de jolis calicots. A chaque carrefour se déploient des banderoles, du même type qui barre le boulevard de Pérolles pour le festival du cinéma. Mais sur les banderoles, pas de programme de concert, pas de pub pour Anna Netrebko, posant en anglaise et robe blanche pour son prochain rôle (La traviata, au Marinsky, ne bavez pas j’ai pris la dernière place à moins de cent francs, hi hi, soixante francs pour une star mondiale de l’opéra, Bjork peut aller se rhabiller, j’ai ma vengeance)….bref, je me perds, donc pas de contenu culturel, mais des slogans politiques :
Plan Poutina, Pabieda Rossii
Plan Poutina, Sila Peterbourga

Ce qui donne : le plan de Poutine : la victoire de la Russie (je me demande bien sur qui)
Le plan de Poutine : la force de St-Petersbourg
Le programme se décline également sur les vitres intérieures des marchrutka (bus privés que j’emprunte quotidiennement et où je prononce la phrase fatidique : astanavitié na astanovkie pajalousta (arrêtez à l’arrêt, svp, tout ça pour ça et oui)), où le lecteur apprend qu’il a sa place dans le programme de Poutine (« tu es dans le plan de Poutine : travail, habitat », et un autre mot compliqué que je ne connais pas). Le nom du parti politique de Poutine : Edinnaya Rossia (une Russie unique) : voilà pourquoi le parti de Kasparov s’appelle « une autre Russie ». Et j’apprends en lisant les journaux (anglophones…) que le maître du pays a développé toute une philosophie politique, la « sovereign democracy », ce qui veut en gros dire que la Russie ne veut pas se calquer sur les démocraties occidentales mais exister au contraire de façon indépendante. La ligne politique est claire : se poser en superpuissance et affirmer coûte que coûte la validité de son modèle –forcément particulier- face à l’Europe ou aux Etats-Unis.
[...]
On a bien rigolé en voyant que Catherine II était enterrée à côté de son mari, qu’elle a fait assassiner… Le pauvre, comment ne pas échapper à une mégère, même après sa mort…St-Pierre et Paul contient également ce qui reste de Nicolas II, de sa femme et de trois de ses filles. Le tsarévitch et une grande-duchesse manquent à l’appel, même si cet été, on a parlé de découvertes d’ossements à Iekaterinbourg (lieu du massacre), et de test ADN.



Donc voilà la sépulture du dernier tsar de Russie. Je vous mets la photo, parce que c’est historique qu’en 1998, 80 ans après son assassinat, le gouvernement de l’époque ait fait enterrer les restes du tsar que le régime bolchevik avait assassiné. Mais c’est symptomatique de la Russie et de son incapacité à digérer l’époque soviétique : certes, ils sont enterrés, et le jour où j’ai visité l’église, il y avait une rose rouge sur le sol de la chapelle (on ne peut pas y entrer, photo prise depuis la porte), mais ils sont cachés dans une petite chapelle intérieure, alors que les autres tsars ont droit à un énorme sarcophage de marbre posé à même le sol de l’église…
Je parle d’oubli, ou d’incapacité à digérer – ou à même parler de son passé… car le 7 novembre 2007, j’ai vécu les 90 ans jours pour jours de la révolution d’Octobre… je m’attendais à quelque chose…. Bref, la révolution d’octobre (de novembre d’après le calendrier grégorien, mais le calendrier julien que l’église orthodoxe, ne voulant pas plier devant le pape, avait conservé a 13 jours de retard sur notre calendrier) 1917 n’est plus fêtée. On a substitué un « jour de l’unité du peuple », le 4 novembre, fêtant la victoire des boyards moscovites sur les milices polonaises qui avaient alors envahi la capitale en 1612 (des Polonais à Moscou ? c’est fou mon ignorance, chaque jour on apprend quelque chose…).
En passant, il paraît que c’est un geste politique, hautement anti-occidental, que Poutine a instauré cette fête en 2005, soit après la révolution orange en Ukraine…….Mais officiellement, c’est parce que les gens avaient besoin d’un jour chômé en novembre, et qu’il fallait remplacer la fête de la révolution par autre chose… D’ailleurs c’est également la fête de la Vierge de Kazan, Boje materi : l’icône de Kazan passe pour faire des miracles, et a notamment arrêté les troupes tatares assiégeant Kazan du temps d’Ivan le Terrible. Elle se trouve maintenant dans l’Eglise du même nom, une atrocité néo-classique sur la Nievsky, qui se veut une copie de St-Pierre (ah ah ça m’a bien fait rire quand j’ai lu ça), à côté des drapeaux des régiments napoléoniens et des clés de Lübeck et de Nancy, prises aux Français lors des campagnes de 1815…
Je m’égare également : je voulais vous parler de la Révolution d’Octobre. Dans une ville qui a laissé deux statues de Lénine sur la Bolchoi Prospekt de mon île (je vous amènerai les photos la prochaine fois, j’ai marché à côté l’autre jour, mais le visage de Lénine est si impressionnant que je n’ai pas osé faire la touriste…. C’est pire que le cavalier de bronze ces statues soviétiques, ça fait froid dans le dos : leur pose est surhumaine et très hautaine… le bras levé, torse bombé, fixant le sens de l’Histoire qu’ils ont réussie à domestiquer…), je m’imaginais naïvement que toutes les fautes étaient retombées sur Staline et que Lénine n’était pas condamné (j’ai beau essayé de parler de ça avec les gens que je connais, leur passé est tabou, impossible de savoir leur opinion sur la transition que vit leur pays…)…Mais la révolution d’Octobre n’est fêtée que par une poignée de « fanatique » (le mot est de ma prof de russe), le parti communiste actuel – il existe toujours, et d’ailleurs même la fameuse Pravda que je croyais enterrée : une jeune femme la lisait ostensiblement dans le métro, Pravda en rouge, le portrait de Lénine à côté, et une photo noire et blanc où se détachait le rouge des banderoles : « nacha pabieda : notre victoire, désignant probablement le fameux 7 novembre…
Donc pas de cérémonie, rien, si ce n’est la neige, qui a décidé de faire son apparition ce jour-là, nimbant le champ de Mars de blanc : le feu pour les victimes de la Révolution y brûle toujours, et ce jour-là, je m’en suis approchée, il est vrai plus pour me réchauffer que pour verser une larme. Je vous enverrais bien une p hoto, mais les appareils numériques n’aiment pas les températures en-dessous de zéro. Donc une photo symbolique, la prise du Palais d’Hiver . Les troupes de Trotsky n’ont rencontré qu’un bataillon de femmes défendant le fameux Palais, qu’ils ont violé (selon Joseph Brodksy), très peu de morts. Le chef du gouvernement provisoire, Kerensky s’est enfui en se déguisant en femme (a-t-il échappé au viol ? hi hi) et est mort en exil aux Etats-Unis dans les années 70 je crois. Et le comité bolchevique a investi les environs de l’institut Smolny pour gouverner la ville.




Voilà l’église principale du couvent de Smolny, que Rastrelli construisit. C’est du baroque russe, et c’est joli. (ou la la, à la relecture, je vois que je fatigue, le style est moins fleuri) Sinon sachez que l’église Pierre-Paul (jacques) fut construite par un Tessinois (Trezzini) qui lui est responsable du baroque pétrovien (de l’époque de Pierre le grand), des très jolis bâtiments moins boursouflés et plus nordiques. D’ailleurs la flèche très haute qui couronne l’église Pierre-Paul est rare dans l’art baroque : Brodksy en parle comme d’une « aiguille qui aimante la ville »… c’est vrai que les flots qui l’entourent coulent constamment, tout ce liquide qui s’en va, nous fuyant, et nous restons sur les ponts à les regarder s’échapper… Mais cette ville où le baroque reste triomphant (malgré tout la rigidité classique et néo-classique) est dans sa géographie même en mouvement : saviez-vous que les fameuses inondations sont causées par le vent en provenance de la Baltique, qui fait rebrousser chemin à la Niéva, l’empêchant de se jeter dans la mer… Voyez je vis dans une ville où le flux des fleuves s’inverse parfois… Ca fait des tourbillons, et la Nieva valse…et tout peut arriver
D’ailleurs
« la texture granuleuse des pavés de granit voisinant avec cette eau qui coule, qui s’en va toujours, contient quelque chose qui imbibe les semelles d’un désir quasi sensuel de marcher » (brodksy toujours)…


ps : dès que j'aurai du temps devant moi je retrouverai mes photos dans le fouillis de mon ordi et les publierai avec le billet. Prenez patience

jeudi 20 novembre 2008

décousus...

...sont mes propos. Car ils servent d'échappatoire à faire mes valises, chose que je déteste le plus au monde. Symptomatiquement, c'est avoir le choix de ce que l'on va emporter, et pour moi, le choix porte en soir quelque chose de déchirant, c'est se séparer de la possibilité de ce que l'on pourrait faire.
Bref, tailler à vif dans les hésitations et voguer sur une décision affermie.
C'est ce que je vais faire pendant les quatre prochains jours, sur les vagues méditerannéennes de novembre, à l'abri des pirates somaliens et des icebergs.

je pourrais vous parler de mes pendulations (tiens, une femme aux gros yeux qui conseille à haute voix à une amie au téléphone de "lui faire payer tout ce qu'il peut avoir"... J'adore écouter les détails des divorces étalés au grand jour, ça me fait sourire ("aucune dignité d'étaler sa vie privée en public"), ensuite la dame remarque et me fusille du regard dans le wagon. Curieuse situation de communication, où l'on est bloqué pendant 30 minutes (dire que l'année passée, c'était 50 minutes !) à côté d'inconnus, qui vous infligent leur conversation inintéressante!!! La peine capitale semble bien douce pour de pareils malhonnêtes! (humour pour tous les bien-pensants, je précise, pfffffffff ) Parfois il faudrait cotiser une police de la tranquilité qui traquerait tous les gens qui nous dérangent!! Avec une attention soutenue pour tous les alémaniques qui oublient de lire le signe "wagon silencieux" qui méritent d'être écartelés en public, ni plus ni moins!!

je pourrais vous parler d'un documentaire dont j'ai eu la primeur "La citadelle de l'humanitaire", mais je ne vais pas le faire, car je l'ai finalement assez apprécié (plus que "lost in liberia"), mais bon en même temps, c'est fatiguant d'ordonner ses pensées, alors promis ce sera pour une prochaine fois.

Bon je crois que j'ai épuisé toutes mes ressources et que je vais me résoudre à retourner à mes valises ! Pour info, je prends des vacances bien méritées (oui, la vie active infligée à une ex-étudiante, ça devrait être interdit par les Conventions de Genève).
A tout bientôt!!

mercredi 19 novembre 2008

la terre est bleue comme une mandarine


Plaisirs simples de la vie : arriver plus tôt à la maison, après s'être vue confier un projet intéressant, se promener dans sa rue, où les érables parsèment leurs dernières feuilles sur les trottoirs moirés. L'humidité légère brouille les immeubles de la Belle Epoque et le savant artifice de stuck devient chantilly dans la brume.

Escale au géant orange, où je m'approvisionne de belles mandarines, éclats de soleil juteux sous les dents.
Humble pleasures of life :
Coming home earlier, walking in my street, whose maple trees let their last leaves falling on the velvet sidewalk. The fog make the early-20th century building blurry : they become candylike. let's go to the orange grocery store buy some mandarines, sunbeam juicing under the teeth.


la photo n'est pas de moi, je l'ai prise là : http://farm1.static.flickr.com/51/141163049_2d9d14c463.jpg?v=0

lundi 17 novembre 2008

mariastein


plongée sous le brouillard.....je hais les dimanches. La météo promettait du soleil pour toute la Suisse : partis de bon matin [ce qui est exceptionnel pour un dimanche, car nous dérogions au rituel sacro-saint du dimanche auquel je consacrerai un billet un des ces jours] direction la campagne bâloise avec des vagues projets de promenade le long du rhin et de visites muséales... Tout fut coupé, arrêté net les projets se dissipant au fil de l'autoroute, sous le stratus qui ne se dissipait pas. Parfois la vision fugitive d'un verger : cerisiers déposant leurs feuilles dorées à leurs pieds au milieu des prés. Puis absorption dans le brouillard, le Jura se devinant à peine. L'abbaye se signale soudain par l'apparition d'un saule pleureur. Une façade classique, une église néo-baroque... rien à signaler. Commence la plongée vers la grotte, le long de couloirs recouverts d'ex-voto, et partout la transcendance à fleur de peau. Une lumière diffuse, souterraine, 59 marches, des verrières plongeant vers la vallée, une porte, puis une grotte mystique. Une piété populaire et baroque, une statuette recouverte de brocart et comme le signale une affichette "du voile de mariée de la femme de Napoléon III" (pauvre Eugénie, condamnée par les Bâlois à l'anonymat), un silence. La grotte : retour dans le ventre de sa mère, pénombre, humidité et silence. Calme et sérénité. La vierge sourit énigmatiquement, entourée de cierges. Je formule une demande silencieuse. Puis repars me plongée dans le brouillard qui indistinctement des formes (à peine remarque-t-on qu'on est à nouveau sur le plateau suisse) me ramène à la maison. La vision mystique s'évapore. Me voilà à nouveau baignant dans la mélancolie dominicale. Je hais les dimanches.


L'image n'est pas de moi je l'ai trouvée sous :

http://helvetia-catholica.blogspot.com

vacance

dans tous les sens du terme :
1) je pars en croisière (voui!!!!)
2) vu le peu de réactions, je vais attendre d'avoir des trucs inspirés à dire, plutôt que de vouloir à tout prix remplir mon blog. Ma profession actuelle n'étant pas des plus inspirantes, j'ai de moins en moins des illuminations (st-paul, rimbaud et autres crus (humagne et syrah)).

mercredi 5 novembre 2008


Si j'étais sage je me tairai. Because i'm coughing the day away... je tousse tellement que mes oreilles enflées ne me font plus entendre le bruit du monde.

Ce matin, la pharmacienne à laquelle je réclamais du sirop pour la toux m'a demandé trois fois si j'étais enceinte et si j'allaitais... J'ai répondu trois fois par l'affirmative : je ne dois pas avoir l'air trop enceinte (ce qui est en soi réjouissant, vu que je ne le suis pas), car c'est à sa tête ahurie que j'ai remarqué qu'il y avait quelque chose qui clochait. ( je répondais voui-voui-voui à tout ce qu'elle me demandait, comme un mantra pour obtenir du "vrai" sirop et pas-du-homéopathique-de-chez-mes-parents-que-j'ai-fait-une-heure-de-train-pour-aller-le-chercher-mais-qui-ne-marche-pas).

Bref mon état de santé et mon cerveau languissant ne me permettent plus des pensées trop complexes. Donc désolé pour mon "public" de ne pas être régulière, mais j'ai pour une fois une bone raison pour n'être pas opérationnelle et pondre des billets sur le temps, la chute de la maison CFF ou la bonne nouvelle du jour (question : est-ce que 24 heures chrono a habitué les esprits blancs à la vue d'un black president?).

Sinon je pourrai discourir des heures sur la portée philosophique de l'aide humanitaire (ou plutôt lancer le débat : pourquoi aider l'autre finalement? Non que je suis contre, mais comment argumente-t-on l'assistance, au delà d'un message religieux sur le pauvre proche du Christ?). Ou alors : peut-on être moral sur une base laïc? (je pense que oui à la base, mais comment l'argumente-t-on?) Pourquoi plus personne ne se pose des questions?

Sur ce je vais me coucher et avaler mon sirop, comme un shot de vodka (ça d'ailleurs le goût métallique de la mauvaise vodka européenne, maratele si vous me lisez buvez à mon prompt rétablissement, patamouchta ya ni vyzdarovlivayou!!!)
ps : excusez pour la pub involontaire pour le sirop bio, maintenant je conseille nettement la médicamentation bien chimique, à la bâloise, vive novartis.