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jeudi 30 juillet 2009

les secrets du tréfond canadien


saviez-vous que la libye vient de conclure un accord concernant le nucléaire civil (un memorandum, ne me demandez pas en quoi cela consiste exactement, une sorte d'accord de commerce à ce que j'ai compris, sinon daignez éclairer ma lanterne) avec un quatrième pays, suite à la signature d'un tel traité avec Moscou, Kiev, et une autre capitale dont le nom m'échappe.

Bref, vous songez peut-être à caracas, ou alors à minsk ? à moins que ce ne soit carrément Téhéran?

Non pas, du tout. Ottawa did it.

Je me suis alors sérieusement posée la question : quel est l'intérêt du paisible "true north" à frayer avec notre sympathique Mouammar?
Et bien, l'homme ne change guère, et le dollar, même frappé du délicat portrait de sa gracieuse majesté, reste roi.

Car le Canada doit vendre son uranium, et ne semble pas très regardant tant que le partenaire paie.

C'est alors que j'ai fait une découverte : le saskatchewan, province canadienne dont vous n'avez probablement jamais entendu parler, est le plus grand producteur mondial d'uranium.
Les sites miniers du nord de l'Etat regorge du précieux métal. J'apprend ensuite le destin d'Uranium City, une ville qui comptait 5000 personnes au début des années 1980, qui s'est ensuite transformée en ville fantôme (80 personnes de nos jours) suite à la fermeture de la ville.
Une ville blanche : c'est-à-dire une ville de colons venant du sud, des blancs extrayant le métal au milieu des réserves de "First nations".

Si Uranium City a été désaffectée, trois ou quatre villes minières persistent dans le nord du Saskatchevan, et profitent de l'envol des cours de l'uranium depuis 2003. Pourquoi depusi 2003? on parle de prise de conscience du stock limité d'hydrocarbures et de la volonté de chercher des alternatives. D'autres plus cyniques relèvent que 2003 c'est également l'année de l'invasion de l'Irak.

Bref, comme quoi le silence du Grand nord recèle bien des mystères. Je me demande si les enfants élevés à Uranium City (l'une d'entre elles est actuellement membre de l'équipe féminine nationale de hockey sur glace) ont subi des conséquences de l'émanation de l'isotope. A Uranium City, on a donné à l'école secondaire le nom du premier prof qui s'y est aventuré. Maintenant, il paraît que les locaux sont vandalisés. Les ours?

mercredi 4 mars 2009

le crime de payerne


Si le juif est depuis longtemps enterré, son crime demeure : je garde dans ma rétine la vision de ce pied dépassant de la boille, posée sur un ponton ... et ces histoires de garagistes fascistes, sacrifiant au hasard pour mieux offrir leur zèle aux nazis qui n'en voulaient pas (Le belge fasciste (zut j'ai oublié son nom ? léon degrelle est-cela ? le chef du mouvement rexiste) a dû s'engager comme simple troufion pour être pris au sérieux par les nazis (qui n'auraient certainement pas inclus les romands dans leur plan de pureté raciale)). Bref un crime gratuit, absurde, inommable, trois boilles jetés au lac pour un marchand de bétail, Bloch, sourd d'une oreille, sa veuve qui meurt de chagrin, la bourgade qui s'endort, mais quoi, un marchand de bétail juif, vous n'allez tout de même pas en faire toute une histoire...
Monsieur Bloch sur son avis de disparition, photo que j'ai trouvé là : http://www.24heures.ch/files/imagecache/468x312/story/Bloch.jpg

mercredi 14 janvier 2009

Histoire du matin, chagrin ; histoire du soir, espoir : faut-il hamas ou pas ?


Vert comme la couleur de l'espérance, vert comme le keffieh du Hamas, vert comme le désespoir, vert de rage.
Vers quels lendemains ravageurs ? vers combien d'enfants aguerris pour la prochaine guerre des pierres?
Vair comme la pantoufle que chaussait la femme de Sdérot à l'abribus, qui trop tard entendu le Qassam. Verre comme les multiples morceaux qui écartèlent les chairs, la brillance du tungstène, l'odeur brûlante du phosphore, les fléchettes, horreurs aux noms absurdement poétiques.
Les vers se nourrissent des chairs anémiées, meurtries, des cadavres ensanglantés même pas lavés - plus d'eau- des enfants innocents de Gaza.
Green as the color of hope, green like the Hamas keffieh, green as the despair, green of wrath.
To which horrible hereafters are we leading ? to how many children being toughed up for the next stone war ?
Fur like the shoe that was wearing the woman of Sderot, waiting for the bus, which heard too late the Qassam. Glass like the numerous pieds that cut the flesh, the brightness of tungsten, the burning smell of phosphorus, the "flechettes", nameless horrors which bear an absurd poetry.
The worms are feeding with thin flesh, with the bloody corpses which are left unwashed - no water anymore - of the innocent children of Gaza
ps : there is a pun, untranslatable in English with the sound [ver], which means vert =green; vers =toward ; vair =some kind of fur, worn by Cinderella, verre = glass; vers =worms in French.

mardi 11 novembre 2008

armistice


armistice : du latin arma (les armes) et tacere (se taire), moment sacré où les armes se taisent paraît-il...
Novembre et déjà les arbres ne sont plus flamboyants, pluie intermittente qui cendre le paysage... Les pluies du nord embourbent les tranchées, annihilant les cadavres, mousse de poilus qui s'imbriquent dans la boue liquide, les corps des vivants qui éclatent sous l'orage d'acier, les chairs se désagrègent...
Il y a nonante ans la tragédie se terminait. Et si la deuxième guerre a par ses horreurs occulté la première, il n'en faut pas pour autant négliger sa noirceur... Ceux qui ont vu La chambre des officiers seront d'accord avec moi : dans ce film, on réalise que parfois la mort n'est pas le pire qui peut nous arriver : "Où sont mes dents? où est ma bouche?", premier témoignage d'un défiguré dont le spectateur ne peut que s'imaginer le visage, la caméra ne le livrant jamais.

Le grand drame fondateur qui a modelé l'Europe d'aujourd'hui et porté en elle les graines de la deuxième grande boucherie patriotique. Comme le dit si bien Laurent Wolf dans Le temps d'aujourd'hui, chacun porte en soi sa guerre, celle qui l'a marquée. Car "chacun est enclin à chérir sa douleur et à sous-estimer celle des autres pour le pouvoir que cela donne".

http://www.letemps.ch/template/societe.asp?page=8&article=243736
ps : je voulais vous mettre en illustration une photo d'une "gueule cassée" de la Grande Guerre. Je suis tombée (après une recherche sur google image) sur des images tellements fortes que du coup je me suis auto-censurée. Une petite créature pétrifiée pour la métaphore fera l'affaire.