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lundi 27 janvier 2014

Petite histoire ferroviaire

et oui je réactive le blog.
Mais tout gentiment, car j'ai perdu beaucoup de sève ces dernières années, à trimer sur les diverses révolutions et catastrophes écologiques.
je me propose de vous faire partager quelques petites perles quotidien.

Echec du langage corporel.


Un spécimen de la section bernoise du Club alpin vient de pénétrer en coup de vent - surprenant pour une Bernoise - dans le wagon.
Elle est reconnaissable à sa veste Mamouth. Mais finalement, elle ne doit pas être si sportive: son bonnet et son pull sont en laine, ce que plus aucun sportif digne de ce nom ne porte de nos jours.

Avec la même brusquerie dont elle a fait preuve en arrivant, elle s'assied abruptement sur une place libre. Cette rage est-elle due au fait que son désormais voisin, vautré sur son siège, a mis ses pieds sur la banquette d'en face? Ainsi installé, il regarde un film sur son ordinateur portable, les écouteurs vissés sur les oreilles.

Elle garde son sac et sa veste sur ses genoux, comme pour signifier à l'autre qu'il s'étale alors qu'elle est encombrée.

Il ne bronche pas.

Dix minutes plus tard, elle enlève son bonnet et sa veste, fourrage et les mets en boule, se relève, s'assied, et disparaît sous la pyramide constituée par ses habits et son rücksack.

L'autre n'esquisse aucun geste.

IL reste vingt minutes jusqu'au prochain arrêt et chacun va camper ses positions. Aucun mot n'est échangé. 

mercredi 22 avril 2009

tranches de vie

vu sur le quai 4 de la gare de genève :

un mec avec un t-shirt Israël ("the only democracy in the middle east") qui mangeait un hot-dog...
Et ça n'a rien à voir :
lu dans les trams des tpgs :
"nos conducteurs sont formés à la conduite douce, mais tout peut arriver, alors tenez-vous"

lundi 2 mars 2009

le beau l'utile et l'agréable...


dans le voyage du retour, le train-train habituel me permet désormais de laisser filer mes pensées, au rythme des roues tournoyantes. Et oui, un petit achat bien pratique me permet désormais de m'isoler des conversations désolantes de mes concitoyens : des écouteurs qui vous coupent du monde extérieur et qui vous permettent d'écouter en toute quiétude de la belle musique ou des bo podcast de la radio suisse-romande (qui me paie même pas pour cette belle pub gratuite)...

bref désormais la rubrique train-train sera consacrée non plus aux plus belles perles ferroviaires que je peux rapporter (je pourrais même les mettre sur un collier, tiens, une jolie activité, enfiler des perles), mais aux diverses associations d'idées qui me conduisent cahin caha jusqu'à Genève tous les jours...


Platon (ou Socrate, ou un autre philosophie pré ou postsocratique) disait que seuls le beau, l'utile et l'agréable étaient dignes d'êtres rapportés. Un programme comme celui-ci peut couper toute volonté de se lancer dans la carrière courageuse de chroniqueur - tout comme le nouveau Roman a définitivement tué dans l'oeuf ma vocation d'écrivain - mais a le mérite de couper court à certaines conversations.
Ma question : raconter sa vie aux autres, n'est-ce pas finalement le but de toute conversation ? Le fameux philosophe a énoncé sa loi certainement pour devoir se défiler au devoir d'écoute, non ? Car les petites aventures des autres peuvent nous servir d'exemples, mais également être empreintes d'un certain esthétisme ?

Ma théorie, c'est que toute oeuvre fictionnelle se nourrit d'éléments biographiques, réels ou fantasmés, et que même les faits divers ne sont que matière à investir et à insuffler un souffle nouveau, à y implanter sa marque. N'est-ce pas là finalement le sens du célèbre "Madame Bovary, c'est moi!" de Balzac ?

Quant à moi je voulais vous parler de ma façon personnelle de ne pas décorer les murs. Six mois que je vis dans ma petite chambrette, et les murs sont toujours nus. Je ne peux me résoudre à y accrocher mes posters soviétiques ou de Pollock (le nom de l'école de peinture déjà ? oh zut, j'ai oublié je suis nulle en art moderne). Ma procrastination dans l'achat de punaises ou de cadres atteint des sommets.

Pourtant lors de ma première escale à Lausanne, ma chambre de jeune fille en fleur était sous le signe du baiser de Klimt. Une manière que j'avais de conjurer ma solitude et d'attendre le Prince charmant sous les ors et les pluies d'étoiles. Car le fond brun que vous voyez sur les reproductions n'est rien comparé aux subtiles matières chatoyantes de l'original, semblables à une nuit d'été, d'où se détache le couple rayonnant. Deux êtres qui n'en font qu'un, fusionnant les prairies, les étoiles, le soleil et l'univers tout entier, une magnifique métaphore de l'amour, tel que je le croyais naïvement alors, (et j'avoue que quelque chose en moi y reste fidèle, à l'amour fusionnel).

lundi 8 décembre 2008

de la politesse dans les trains


J'étais assise à côté d'un cas social ferroviaire (CSF) gratiné ce soir. Pour commencer, rappelons quelques règles de savoir-vivre (et oui, une Nadine de Rotschild sommeille en moi, je vous ai dit que j'étais une femme vénale au fond, bref je m'égare : )

Règles de savoir-vivre ferroviaire : ne pas trop perturber ses voisins

Liste de quelques manquements à cette sacro-sainte règle :

1/ les gens qui s'époumonent dans leur natel à raconter leur vie privée....

on est tous d'accord que c'est super super horripilant. IL y a pire

2/ les gens qui s'époumonent dans leur natel à raconter leur vie privée.. qui raccrochent... qui attendent (trois secondes, j'ai compté).... qui appellent une autre de leur connaissance pour leur raconter exactement la même chose.

Le cycle sus-mentionné a duré, le temps d'un Lausanne-Genève, trois fois, et tous les voisins ont gentiment pu révisé leurs notes.

ça donne (en discours direct) :

1/ j'ai fait 3,5 à mon examen de finance
2/ deux de mes collègues ont été virés
3/ tu vois, il me manque le côté académique dans ce boulot
4/ mais je m'accroche, je serre les dents [ndlr : si seulement c'était la machoire...]
5/je suis fâchée avec ma mère, tu vois elle était pas là pour moi cet été
6/ françoise, t'es pas enceinte ? mais tu sais qui est le père ? Sacré Françoise, tu me fais le coup tous les trois mois...


[en fait, ce petit discours rapporté manque considérablement de sa substance. Parce qu'à chaque coup de fil, les faits exposés ci-dessus était largement amplifiés et répétés pour que le correspondant comprenne bien toutes les subtilités du raisonnement....]
Bref, je souhaiterais qu'on légalise le don de cerveau, certaines personnes en auraient bien besoin...

mercredi 26 novembre 2008

ragusa à la rescousse des CFF


Ce matin, ce n'est pas le contrôleur qui est venu me tirer de ma douce torpeur (enfin un wagon silence sans vieille suisse allemande illettrée qui jacasse à tout va), mais une dame qui me tend un ragusa (miam, le nouveau au chocolat noir) et deux petites cartes.
Tout ensommeillée, j'accepte le tout sans broncher et lit mécaniquement les cartes. L'une est un concours pour gagner une montre Mondaine (oui les Suisses Allemands trouvent que ça fait chic pour un nom de montre, comme quoi...) des CFF.
L'autre est une excuse en bonne et due forme pour le manque de ponctualité des CFF. Chpan dans les dents : c'est dur à 8h de voir ainsi s'écrouler un mythe suisse : la ponctualité (d'ailleurs mon crétin prof d'allemand disait toujours : la ponctualité est la politesse des rois [ponctualité à quoi ? Est-ce que Louis XVI était à l'heure pour son rendez-vous avec la guillotine?]).
J'ai longtemps cru qu'un jour on me confisquerait mon passeport suisse pour cause de manque inné de ponctualité. J'ai d'ailleurs cessé de porter une montre depuis mes 20 ans, ce qui me donne une excuse imparable pour ne jamais savoir quelle heure il est (un luxe, une liberté, ne plus pouvoir segmenter le temps... et le voir se diffuser. D'ailleurs pourquoi les hommes ont-ils éprouvé le besoin de donner une semaine au temps ? Les mois se basent sur le calendrier lunaire ou solaire, mais les semaines? Y a -t- il une raison scientifique de découper la suite des jours en un retour perpétuel des jours de la semaine? )

Bref, je vais finir les emboîtements et reprendre mon raisonnement (un peu de logique me dirait mon colocataire physicien). Donc les CFF s'excusent (et par conséquent reconnaissent qu'ils ont tort : un innocent n'a rien à se reprocher et ne s'excuse jamais !) : un autre mythe de l'Helvétie s'écroule : après Swissair et les CFF, l'on ne sera plus supris de voir l'UBS s'écrouler, heureusement la Migros sera là pour sauver la nation.
Cette excuse s'accompagne d'une douceur confédérée pour faire passer la pilule. Tout serait charmant si ce Ragusa au chocolat noir (praliné, très bon, pas trop sucré, juste ce qu'il faut, fondant sous la dent) ne venait d'être lancé. Joindre une excuse à une campagne de promotion pour du chocolat suisse, la belle affaire. Faire taire les mécontents avec des douceurs, pourquoi pas, je me disais. Mais récupérer des campagnes de lancement de produits à des fins promotionnelles... bof.

Surtout que le train du retour avait 12 minutes de retard.

jeudi 13 novembre 2008

train I


Inventaire d'un voyage en train :



une fille au visage fatigué, qui n'a pas changé de dégaine depuis les années 1990, avec un T-shirt noir aux papillons roses

un barbu trentenaire avec l'inévitable sac Freitag

une fashion victim (capuche de fluokid, noire avec des motifs rose fluo) arborant fièrement son sac H&M Comme des Garçons (moi : "zut! voilà ce que c'est de bosser, on a plus le temps d'écumer les magasins. Tant pis, de toute façon, ils sont importables ces habits!)

son vis-à-vis tellement discret dont je ne me rappelle plus la tête

Ce soir tranquilité et rien de spécial à signaler. (j'ai même pu lire mon bouquin sur la justice internationale "transitionnelle" en paix)



(sauf que les hot-dogs de la gare de Genève sont tout à fait mangeables, j'y même découvert les oignons frits (réponse du vendeur de hot-dog : - c'est pas bon?

moi : -si, mais je connaissais pas))

(d'ailleurs y avait des touristes russes qui voulait foutre leur monnaie sur mon hot-dog, un peu plus et je les insultais en russe, juste pour voir leur tête)


Railway ride
- a girl with a face coming from the nineties, with a black T-shirt full of butterflies (yuck)
- a fashion victim with a bag "h&m comme des garçons", with a black hoody and pink patters (quite tecktonik tee) (it reminds me that since i got my new job, i don't have any time to cruise around and shop...)
- a thirtysomething with the Freitag bag apparel
- the fourth person, whose face i completely forgot about, must have not interest...
That's the summary of my railway ride of the day... no trouble, but quietness (forget the luxury and the volupty for this one, but a compulsory reading about "transitional" justice would do it)
ps : i discovered fried onions with my hotdog at the Geneva station. Actually some Russian tourist wanted to spread his coin on my hotdog, i resisted the envy of yelling after him in Russian, just to see his face frown with surprise... )