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jeudi 12 août 2010

gary shteyngart alors que la russie brûle

Ai enfin le livre que je trimbalais dans mon sac pour mieux supporter le train et les pauses de midi sur mon banc bernois envahi de fourmis. Je sais désormais pourquoi j'ai pris tellement de temps à feuilleter ce livre, au titre si nul (Russian Debutante handbook), mais au contenu si génial.
Encore une fois je ne peux que me satisfaire de cette vision anglo-saxonne de la littérature, la mieux à même de rendre compte d'une atmosphère, et au souci apportée à l'histoire plutôt qu'à la musicalité. Finalement la chanson et la littérature français ont ceci en commun d'être complètement intellectualisée et de laisser de côté le sel de l'histoire ou de la mélodie pour des constructions charmantes... et conceptuelles. (ce n'est pas une critique, j'adore les deux... enfin quand ça ne tombe pas dans la variété).

Bref, ce livre m'a transporté à Prava, ville décalquée sur Prague, et sur tout cette atmosphère des expatriés occidentaux cherchant un sens à leur vie dans les décombres de l'empire soviétique. J'y ai trouvé un miroir déformant de mes propres aspirations en Russie, vivre plus libre loin de l'ennui helvétique. Et pourtant j'en étais consciente. et je savais, comme dans la chanson de pulp "common people" qu'à tout moment je pouvais partir et rejoindre le confort des salles de bain suisses et de la Migros.

C'est ce que j'aime chez les Russes, leur lucidité à se savoir observer comme dans un zoo par les expatriés occidentaux, qui jamais ne s'avouent leur basse motivation exotique.
Dans ce livre, le héros, un juif russe émigré depuis quinze ans aux USA, se retrouve à Prava et y rencontre une Américaine qui s'entiche de loin. A un moment donné, il s'aperçoit que l'ex de la Yankee est un pauvre Européen de l'ESt, engoncé dans un costume ridicule et avec une coupe de cheveux. Et il se rend compte qu'il n'en est pas si éloigné, sauf qu'il possède un passeport américain, et qu'il est d'un exotisme supportable pour l'Américaine.

Bref, le feu embrase toutes les Russies, j'y pense chaque nuit, espérant qu'il y pleuve, et je sais que je n'ai aucune prétention à me sentir proche des Russes, et je sais que j'oublie même le mot "agon" et que je n'ai jamais su comment on disait incendie.
Je me rappelle néanmoins de la paralysie générale du pays, engoncée dans la corruption et un immobilisme des services publics, hérité du soviétisme.

mercredi 8 avril 2009

Astana, ou la Dubaï du nord


les jolis couvre-lits kazakhs


le jardin suspendu à l'intérieur du Dvorets Armony, la pyramide construite par Norman Forster (l'architecte de la coupole en verre du Reichstag) à Astana

La verrière au sommet de la pyramide : le bleu et le jaune reprennent les couleurs du drapeau du Kazakhstan, tandis que les colombes géantes (130 comme les nationalités présentes dans le pays, enfin les ethnies dirions-nous en français) la paix



En dessous du jardin suspendu, une salle blanche qui symbolise le présent du Kazakhstan. En dessous de cette salle, une immense salle de concert



Vue depuis la tour Baïterek, sur les nouveaux bâtiments d'Astana



Et oui, je me suis tue tout le mois de mars ou presque, car je reviens d'un voyage de deux semaines au Kazakhstan, où je suis allée donner des conférences sur un femme de lettre (trouvez-moi un meilleur synonyme pour "écrivaine" s'il vous plaît, quelque chose de moins vain...).

Voilà quelques photos des différentes villes où j'ai pu faire escale, Astana, Kustanaï, Karaganda, Almaty et Bishkek. Pour commencer, voilà la néo-capitale, qui s'élève au milieu de la steppe, avec ses buildings très kitsch. La pyramide de Lord Forster m'a particulièrement plue...






lundi 12 janvier 2009

primorskaya : le vent du large

Ce que j’aimais dans les cours, c’était la longue promenade qui m’y menait chaque semaine je passais à côté du vendeur de pastèque, du square où les enfants jouent, de l’énigmatique bâtiment en quinconce, de l’atmosphère vive et colorée de ce coin de l'île petrogradskaïa… Bref, un peu de vie.
Ma rue est très bien, mais parfois déserte, comme un long couloir poussiéreux où souffle le vent, et où le sable affleure sous les lignes du tram. On sent la fin, la fin de la terre, la capitulation devant l’élément liquide, si proche et pourtant caché. Oui ma rue est le début de l’infini océan… voilà pourquoi à chaque fois que je m’enfonce sous terre à Primorskaya j’ai sur le bout des lèvres des vers de Hugo sur les colères océanes… ou les langueurs océanes… que vient faire l’océan dans tout cela… ??
Pourtant, l’île de Vassili, et toute la gavanskaya oulitsa est une proue, une proue recouverte d’immeuble, mais le sable est tout proche, les mouettes me survolent, …. Pour bien exprimer la périphérie de l’île, on y a planté le cimetière, mélange ahurissant, le végétal a gagné, les tombes à l’abandon, sans pour autant qu’il s’en dégage un sentiment angoissant. Non c’est le chamanisme primitif, la grande forêt des slaves, où l’homme s’efface, les chairs se désagrègent, mais la tombe elle-même est envahie par les fougères…. Je songe à Corinna Bille, elle aurait adoré l’endroit. Au détour d’une allée, un sanctuaire baroque, et des chapelets de femmes bourdonnantes de prières… je n’ose entrer dans l église sans châle devant tant de recueillement. C’est la tombe de la bienheureuse xsenia la sainte locale…………..

samedi 10 janvier 2009

les ethnologues contre la conteuse

Anecdote : les ethnologues récoltent les contes de toutes les russies. Une conteuse s’offusque, et refuse de parler à des adultes, scientifiques soient-ils… Les contes sont affaires sérieuses, et doivent faire comprendre aux enfants la frontière entre le bien et le mal, les habituer à la violence inhérente à la vie, en sorte ils participent d’un mystère dont les adultes sont exclus, car ils sont en quelque sorte des rites de passage…
C’est magnifique ce refus simple de la conteuse de se laisser « chosifiée » par les ethnologues, qui sont ainsi défaits par la fonctionnalité de ce qu’ils devaient recenser. L’ethnologue s’est vue ainsi réduite à faire amener son fils de Leningrad (à l’époque) et celui-ci, magnétophone planqué sous la veste, a écouté avec intérêt les contes de la vieille femme.

Invitation ossète


Invitation à souper de ma prof de russe, de 22 ans, d’origine ossète du sud, dont la mère inquiète de la bonne réception de toute razaïka russe, était toute bourdonnante et semblait adorer mon prénom car elle ne s’adressait qu’à moi. Bon en même temps, j’étais la seule à essayer de parler de russe (sprasivatsa gavarit pa rousski).

Bref, on a mangé des ratchapuri faits maison, et j’apprends que ce mets tout simple et chaleureux est assez compliqué à cuisiner : mélange de plusieurs fromage, c’est une alternative caucasienne à la fondue….. d’ailleurs on discute de la similarité des habitats « alpins » et "caucasiens", avoir plusieurs maisons, une dans la montagne en été pour faire paître les vaches, l’hiver dans la plaine pour la vigne et les vergers et pour les céréales…


Madina me reprécise son ethnicité : les ossètes font partie du groupe des kurdes, et sont affiliés aux Iraniens, tandis que la plupart des autres caucasiens sont d’origine turque…. Et les mongols les ont fait se retirer jusqu’aux montagnes… bref, elle comprend un peu le kurde et le farsi. Le Caucase me fascine de plus en plus… Je demande à la mère de Madina comment s’appelle sa ville d’origine : Vladikavkavz. Elle me montre ensuite une photo magnifique de la ville, où l’on voit une montagne majestueuse, la stalovaya gora, la montagne-table, car sa masse énorme s’étale toute en largeur… la mère ajoute quelques mots en russe, je comprends « dievouchka et galova » (jeune fille et tête) je regarde à nouveau la montagne et là, frappée par une illumination soudaine, je vois la montagne devenir jeune fille pétrifiée sous mes yeux, son corps, sa poitrine, son coup sa tête, et les collines « chevelues » (pour faire latiniste) ses cheveux……. La légende raconte qu’une jeune fille était fiancée à son bien-aimé, mais un méchant la convoitait également. Les dieux l’ont pétrifiée, elle et son amant, et il peut la contempler de loin (l’autre montagne dans le lointain, dont j’ai ignoré le nom).
Quelques précisions : ce billet retrace ma vie en Russie, qui date déjà de l'été-automne 2007, bien avant la guerre de Géorgie. Depuis lors, Vladikavkaz a été le théâtre de plusieurs troubles, le plus notable étant l'assassinat de son maire en pleine rue. La photo vient de :
(et oui, pas trouvé d'autre vue de la montagne en question, la photo est d'ailleurs de mauvaise qualité et ne rend pas justice à la montagne...). Le billet précédent copyright dievouchka pour le contenu, je ne me suis pas inspirée d'un texte local.

lundi 8 décembre 2008

chronique hivernale 2007


Ps : voilà le texte d'une petite chronique concernant mon hiver en Russie...

Je survis à une température glaciale. Malheureusement, je ne peux pas édifier les foules par mon courage à toute épreuve, car les thermomètres publics ne sont pas légion dans cette ville. J’ignore si c’est pour ne pas trop mettre à mal le moral des Russes ou des étrangers, ou si cela fait également partie « des plans de Poutine ».
Malgré l’hiver les rues sont garnies de jolis calicots. A chaque carrefour se déploient des banderoles, du même type qui barre le boulevard de Pérolles pour le festival du cinéma. Mais sur les banderoles, pas de programme de concert, pas de pub pour Anna Netrebko, posant en anglaise et robe blanche pour son prochain rôle (La traviata, au Marinsky, ne bavez pas j’ai pris la dernière place à moins de cent francs, hi hi, soixante francs pour une star mondiale de l’opéra, Bjork peut aller se rhabiller, j’ai ma vengeance)….bref, je me perds, donc pas de contenu culturel, mais des slogans politiques :
Plan Poutina, Pabieda Rossii
Plan Poutina, Sila Peterbourga

Ce qui donne : le plan de Poutine : la victoire de la Russie (je me demande bien sur qui)
Le plan de Poutine : la force de St-Petersbourg
Le programme se décline également sur les vitres intérieures des marchrutka (bus privés que j’emprunte quotidiennement et où je prononce la phrase fatidique : astanavitié na astanovkie pajalousta (arrêtez à l’arrêt, svp, tout ça pour ça et oui)), où le lecteur apprend qu’il a sa place dans le programme de Poutine (« tu es dans le plan de Poutine : travail, habitat », et un autre mot compliqué que je ne connais pas). Le nom du parti politique de Poutine : Edinnaya Rossia (une Russie unique) : voilà pourquoi le parti de Kasparov s’appelle « une autre Russie ». Et j’apprends en lisant les journaux (anglophones…) que le maître du pays a développé toute une philosophie politique, la « sovereign democracy », ce qui veut en gros dire que la Russie ne veut pas se calquer sur les démocraties occidentales mais exister au contraire de façon indépendante. La ligne politique est claire : se poser en superpuissance et affirmer coûte que coûte la validité de son modèle –forcément particulier- face à l’Europe ou aux Etats-Unis.
[...]
On a bien rigolé en voyant que Catherine II était enterrée à côté de son mari, qu’elle a fait assassiner… Le pauvre, comment ne pas échapper à une mégère, même après sa mort…St-Pierre et Paul contient également ce qui reste de Nicolas II, de sa femme et de trois de ses filles. Le tsarévitch et une grande-duchesse manquent à l’appel, même si cet été, on a parlé de découvertes d’ossements à Iekaterinbourg (lieu du massacre), et de test ADN.



Donc voilà la sépulture du dernier tsar de Russie. Je vous mets la photo, parce que c’est historique qu’en 1998, 80 ans après son assassinat, le gouvernement de l’époque ait fait enterrer les restes du tsar que le régime bolchevik avait assassiné. Mais c’est symptomatique de la Russie et de son incapacité à digérer l’époque soviétique : certes, ils sont enterrés, et le jour où j’ai visité l’église, il y avait une rose rouge sur le sol de la chapelle (on ne peut pas y entrer, photo prise depuis la porte), mais ils sont cachés dans une petite chapelle intérieure, alors que les autres tsars ont droit à un énorme sarcophage de marbre posé à même le sol de l’église…
Je parle d’oubli, ou d’incapacité à digérer – ou à même parler de son passé… car le 7 novembre 2007, j’ai vécu les 90 ans jours pour jours de la révolution d’Octobre… je m’attendais à quelque chose…. Bref, la révolution d’octobre (de novembre d’après le calendrier grégorien, mais le calendrier julien que l’église orthodoxe, ne voulant pas plier devant le pape, avait conservé a 13 jours de retard sur notre calendrier) 1917 n’est plus fêtée. On a substitué un « jour de l’unité du peuple », le 4 novembre, fêtant la victoire des boyards moscovites sur les milices polonaises qui avaient alors envahi la capitale en 1612 (des Polonais à Moscou ? c’est fou mon ignorance, chaque jour on apprend quelque chose…).
En passant, il paraît que c’est un geste politique, hautement anti-occidental, que Poutine a instauré cette fête en 2005, soit après la révolution orange en Ukraine…….Mais officiellement, c’est parce que les gens avaient besoin d’un jour chômé en novembre, et qu’il fallait remplacer la fête de la révolution par autre chose… D’ailleurs c’est également la fête de la Vierge de Kazan, Boje materi : l’icône de Kazan passe pour faire des miracles, et a notamment arrêté les troupes tatares assiégeant Kazan du temps d’Ivan le Terrible. Elle se trouve maintenant dans l’Eglise du même nom, une atrocité néo-classique sur la Nievsky, qui se veut une copie de St-Pierre (ah ah ça m’a bien fait rire quand j’ai lu ça), à côté des drapeaux des régiments napoléoniens et des clés de Lübeck et de Nancy, prises aux Français lors des campagnes de 1815…
Je m’égare également : je voulais vous parler de la Révolution d’Octobre. Dans une ville qui a laissé deux statues de Lénine sur la Bolchoi Prospekt de mon île (je vous amènerai les photos la prochaine fois, j’ai marché à côté l’autre jour, mais le visage de Lénine est si impressionnant que je n’ai pas osé faire la touriste…. C’est pire que le cavalier de bronze ces statues soviétiques, ça fait froid dans le dos : leur pose est surhumaine et très hautaine… le bras levé, torse bombé, fixant le sens de l’Histoire qu’ils ont réussie à domestiquer…), je m’imaginais naïvement que toutes les fautes étaient retombées sur Staline et que Lénine n’était pas condamné (j’ai beau essayé de parler de ça avec les gens que je connais, leur passé est tabou, impossible de savoir leur opinion sur la transition que vit leur pays…)…Mais la révolution d’Octobre n’est fêtée que par une poignée de « fanatique » (le mot est de ma prof de russe), le parti communiste actuel – il existe toujours, et d’ailleurs même la fameuse Pravda que je croyais enterrée : une jeune femme la lisait ostensiblement dans le métro, Pravda en rouge, le portrait de Lénine à côté, et une photo noire et blanc où se détachait le rouge des banderoles : « nacha pabieda : notre victoire, désignant probablement le fameux 7 novembre…
Donc pas de cérémonie, rien, si ce n’est la neige, qui a décidé de faire son apparition ce jour-là, nimbant le champ de Mars de blanc : le feu pour les victimes de la Révolution y brûle toujours, et ce jour-là, je m’en suis approchée, il est vrai plus pour me réchauffer que pour verser une larme. Je vous enverrais bien une p hoto, mais les appareils numériques n’aiment pas les températures en-dessous de zéro. Donc une photo symbolique, la prise du Palais d’Hiver . Les troupes de Trotsky n’ont rencontré qu’un bataillon de femmes défendant le fameux Palais, qu’ils ont violé (selon Joseph Brodksy), très peu de morts. Le chef du gouvernement provisoire, Kerensky s’est enfui en se déguisant en femme (a-t-il échappé au viol ? hi hi) et est mort en exil aux Etats-Unis dans les années 70 je crois. Et le comité bolchevique a investi les environs de l’institut Smolny pour gouverner la ville.




Voilà l’église principale du couvent de Smolny, que Rastrelli construisit. C’est du baroque russe, et c’est joli. (ou la la, à la relecture, je vois que je fatigue, le style est moins fleuri) Sinon sachez que l’église Pierre-Paul (jacques) fut construite par un Tessinois (Trezzini) qui lui est responsable du baroque pétrovien (de l’époque de Pierre le grand), des très jolis bâtiments moins boursouflés et plus nordiques. D’ailleurs la flèche très haute qui couronne l’église Pierre-Paul est rare dans l’art baroque : Brodksy en parle comme d’une « aiguille qui aimante la ville »… c’est vrai que les flots qui l’entourent coulent constamment, tout ce liquide qui s’en va, nous fuyant, et nous restons sur les ponts à les regarder s’échapper… Mais cette ville où le baroque reste triomphant (malgré tout la rigidité classique et néo-classique) est dans sa géographie même en mouvement : saviez-vous que les fameuses inondations sont causées par le vent en provenance de la Baltique, qui fait rebrousser chemin à la Niéva, l’empêchant de se jeter dans la mer… Voyez je vis dans une ville où le flux des fleuves s’inverse parfois… Ca fait des tourbillons, et la Nieva valse…et tout peut arriver
D’ailleurs
« la texture granuleuse des pavés de granit voisinant avec cette eau qui coule, qui s’en va toujours, contient quelque chose qui imbibe les semelles d’un désir quasi sensuel de marcher » (brodksy toujours)…


ps : dès que j'aurai du temps devant moi je retrouverai mes photos dans le fouillis de mon ordi et les publierai avec le billet. Prenez patience

mercredi 15 octobre 2008

automne





l'automne à Pavlosk... étrange méandre du cerveau, où les mots d'une langue se sont réfugiés et se refusent... je me rappelle juste du babi lieta, l'été indien russe, ou littéralement l'été des grands-mères...
l'or se conjugue sur notre terre, couronne le sineux chemin des branches et les cheveux des filles comme des statues..

Jardin anglais rempli de fausses ruines et de délicieux étang..... cette promenade au milieu des ors de la nature nous regénère et fait couler en nous la mélancolie mordorée d'un temps plus heureux, des vieilles légendes païennes, où la terre une dernière fois flamboie avant de périr, vaincue par l'hiver, "qui n'est qu'un vilain"....

jeudi 9 octobre 2008

cimetières ..








eta klabichie....... la russie se manifeste partout dans sa diversité, l'altérité au bout du chemin alors qu'on croyait l'avoir saisie...


voilà des photos qui date de mes visites dans les divers cimetières historiques de St-Pétersbourg, l'un près de lavra au bout de la perspective Nievsky et l'autre, le cimetière Smoliensk, tout près de ma rue, dans l'île Vassilievsky...


Etrange promenade là-bas : que ce soit les cubes de marbre qui date de la période romantique et qui font forcément penser aux romans noirs sde l'époque, remplis de spectres et de jeunes filles poitrinaires mortes trop tôt pour mieux satisfaire la mélancolie des jeunes gens peuplant les romans... à moins que ce ne soit les mêmes dandys insolent et songeurs qui pour toujours, pris dans la pierre, étalent leur moue boudeuse


ou alors le cimetière à la russe, où la pierre capitule face au végétal...... pierres tombales rongées par les fougères, corps qui redeviennent humus, calme d'une forêt étrange peuplée de croix rouillées datant d'avant la Révolution pour certaine, éclat des fleurs en plastique éclairant de leur kitscherie le paysage hivernale...

mardi 15 avril 2008


Voilà un petit message pour vous donner l'eau à la bouche... après un dur retour à la réalité suisse, j'ai surmonté un peu le choc et vais poster mes impressions - en vrac - qui dorment au fond de mon pc....
Pour commencer, voilà la superbe gallerie supérieure de Gastiny Dvor, premier grand magasin de St-Pétersbourg, construit au début du XVIIIème... Et dire que j'aimais pas trop l'architecture classique auparavant...
Franchement, un stage de cinq mois dans une ville aussi belle, ça vous formate le goût, et avec joie....