aujourd'hui notre leçon de français portera mes amis sur les faux amis (c'est minuit, je suis insomniaque donc soyez indulgents)
un smoking ça fait chic en français, mais en bon anglophone on devrait dire tuxedo (teuxido) : essayez de dire à James Bond en V.O qu'il a un beau smoking, vous verrez tout de suite à sa tronche que, non, ça va pas le faire [bon, en même temps, c'est un excellent prétexte pour expliquer la raison de votre non-sélection en tant que James Bond's girl]
un bistrot c'est sympa, mais saviez-vous l'étymologie du mot? La légende urbaine prétend que c'est grâce aux cosaques des troupes d'occupation du tsar à la chute de Napoléon. En effet, les soldats russes (toutes mes excuses si raccourci ethnique, j'attends les explications des subtiles différences avec joie) se précipitaient dans les cafés en hurlant : Bistro ! ce qui en russe veut dire Vite! (en gros, ils réclamaient : vite, à boire!).
Le problème c'est que bistro s'écrit certes bistro, mais se prononce BISTRA (car l'accent sur le i il y a, mais ça c'est dur à capter pour un francophone. Imaginez que vous n'utilisez pas uniquement le devant de votre machoire pour parler, mais également les jointures des machoires. c'est comme ça que je m'imagine la permutation physique pour mieux s'adapter à un accent. De la même manière, je trouve que l'anglais se parle avec le fond de la gorge et les sinus.) Du coup, la belle histoire sent le coup monté par un écrivain romantique désoeuvré dans sa mansarde... (du coup, vu les températures polaires qu'il règne dans ma mansarde je peux compatir (question : on m'a fait remarquer je prononçais MAN Z ARDE alors qu'il faudrait dire MAN ss arde : je suis sûre que j'ai fait un amalgame avec les mazarinades ou alors confondre
monsieur de Mansard avec le cardinal ?? je ne sais).
Bon je m'égare totalement :
un bel exemple de dérivation sémantique : le mot passion. A la base (latine toujours), cela n'exprime absolument l'idée de plaisir et de joie yop-la-boum que tous les chocolatiers de la planète utilisent pour leur message publicitaire.
J'ai oublié l'infinitif du verbe latin, mais le supin passum a donné passion, tandis que cet infinitif (pateo, pates, patere... est-ce çA ? ou la la les neurones meurent et ne ressuscitent pas... elles)) a donné pâtir. Donc au début la passion, c'était la grosse souffrance, le côté passif (le terme vient de là également), c'est subir après tout : donc en gros une souffrance infligée qu'on subit : on voit pourquoi on parle de passion du Christ (est passus)...
L'esthétique médiévale a repris le terme et l'a connoté de l'enjolivage amoureux : à moins que ce ne soit les tragédies classiques - j'ai l'esprit brouillé aujourod'hui - car l'amour c'est une souffrance qui nous est infligée, la passion c'est le dérèglement de l'équilibre, et toutes les tragédies finissent mal.
Après est venu Hollywood et ses envolées de violon à faire pleurer d'envie Chostakovitch, et le kitsch a triomphé (relire Kundera pour mieux saisir svp).
Du coup, qui reste-t-il pour être le "soleil noir de la mélancolie", je vous le demande ? C'est pour çA que si certaines attendent le prince charment, moi j'attends le prince ténébreux.
c'est très embrouillé, mais je me comprends. sur ce bonne nuit








