jeudi 4 décembre 2008

lost in translation

aujourd'hui notre leçon de français portera mes amis sur les faux amis (c'est minuit, je suis insomniaque donc soyez indulgents)
un smoking ça fait chic en français, mais en bon anglophone on devrait dire tuxedo (teuxido) : essayez de dire à James Bond en V.O qu'il a un beau smoking, vous verrez tout de suite à sa tronche que, non, ça va pas le faire [bon, en même temps, c'est un excellent prétexte pour expliquer la raison de votre non-sélection en tant que James Bond's girl]
un bistrot c'est sympa, mais saviez-vous l'étymologie du mot? La légende urbaine prétend que c'est grâce aux cosaques des troupes d'occupation du tsar à la chute de Napoléon. En effet, les soldats russes (toutes mes excuses si raccourci ethnique, j'attends les explications des subtiles différences avec joie) se précipitaient dans les cafés en hurlant : Bistro ! ce qui en russe veut dire Vite! (en gros, ils réclamaient : vite, à boire!).
Le problème c'est que bistro s'écrit certes bistro, mais se prononce BISTRA (car l'accent sur le i il y a, mais ça c'est dur à capter pour un francophone. Imaginez que vous n'utilisez pas uniquement le devant de votre machoire pour parler, mais également les jointures des machoires. c'est comme ça que je m'imagine la permutation physique pour mieux s'adapter à un accent. De la même manière, je trouve que l'anglais se parle avec le fond de la gorge et les sinus.) Du coup, la belle histoire sent le coup monté par un écrivain romantique désoeuvré dans sa mansarde... (du coup, vu les températures polaires qu'il règne dans ma mansarde je peux compatir (question : on m'a fait remarquer je prononçais MAN Z ARDE alors qu'il faudrait dire MAN ss arde : je suis sûre que j'ai fait un amalgame avec les mazarinades ou alors confondre
monsieur de Mansard avec le cardinal ?? je ne sais).
Bon je m'égare totalement :
un bel exemple de dérivation sémantique : le mot passion. A la base (latine toujours), cela n'exprime absolument l'idée de plaisir et de joie yop-la-boum que tous les chocolatiers de la planète utilisent pour leur message publicitaire.
J'ai oublié l'infinitif du verbe latin, mais le supin passum a donné passion, tandis que cet infinitif (pateo, pates, patere... est-ce çA ? ou la la les neurones meurent et ne ressuscitent pas... elles)) a donné pâtir. Donc au début la passion, c'était la grosse souffrance, le côté passif (le terme vient de là également), c'est subir après tout : donc en gros une souffrance infligée qu'on subit : on voit pourquoi on parle de passion du Christ (est passus)...
L'esthétique médiévale a repris le terme et l'a connoté de l'enjolivage amoureux : à moins que ce ne soit les tragédies classiques - j'ai l'esprit brouillé aujourod'hui - car l'amour c'est une souffrance qui nous est infligée, la passion c'est le dérèglement de l'équilibre, et toutes les tragédies finissent mal.
Après est venu Hollywood et ses envolées de violon à faire pleurer d'envie Chostakovitch, et le kitsch a triomphé (relire Kundera pour mieux saisir svp).
Du coup, qui reste-t-il pour être le "soleil noir de la mélancolie", je vous le demande ? C'est pour çA que si certaines attendent le prince charment, moi j'attends le prince ténébreux.
c'est très embrouillé, mais je me comprends. sur ce bonne nuit

mercredi 3 décembre 2008

lausanne en vrac

quelques observations et questions existentielles d'une néo-Lausannoise :

après un mois de mise en service, et quelques voyages personnels, je suis toujours perdue lorsque je sors du métro au Flon... je n'ai toujours pas réussie à sortir du côté du joli tobogan vert : d'ailleurs pouquoi les jolies salades design du toi ne rougissent-elles l'automne venu ?

est-ce que les sommelières du café romand sont castées pour leur mauvaise humeur et leur tronche incroyable ?

est-ce que les cordonniers lausannois sont les plus riches du mondes, vu le nombre de talon égratigné dans la descente du Petit-Chêne ? D'ailleurs, pourquoi personne n'organise des descentes du Petit-Chêne en talon aiguille, alors que des 100 mètres en talons aiguilles existent bel et bien?

Que va-t-il se passer avec le Musée des Beaux-Arts ? Où va-t-on entreposer les toiles qui dorment dans les réserves ?

Est-ce que le sirop à l'aspérule du café de Grancy est bon? Pourquoi le Bar-Tabac ferme à neuf heures en semaine?

lundi 1 décembre 2008

politika : thaksin et cie

Quand on y réfléchit bien, la vie est curieuse :

en Thaïlande, la plupart des chemises jaunes sont des middle class ou des intellectuels royalistes qui se révoltent contre la démocratie : et oui, ils reprochent au premier ministre corrompu d'acheter des voix auprès de la plèbe (les chemises rouges) et revendiquent un système de vote plus élitiste (et non plus fondé sur le système : "un homme, une voix".)
La couverture des médias occidentaux occultent complètement ce système de pensée, en les mettant en valeur contre le méchant corrompu premier ministre Thaksin (pourtant légitimement et démocratiquement élu). Donc en fait, les Thaïlandais ne veulent pas d'un système où les plus pauvres ont droit au chapitre, car ils les soupçonnent de vendre leur voix au plus offrant.

Avant de s'en outrer, il faut se rappeler que même la Révolution française fonctionnait sur le même système : pour être citoyen, il fallait être propriétaire, car les prolétaires (comme l'étymologie le rappelle : "proles"=descendance, c'est-à-dire ceux qui n'ont que leur livre comme richesse) n'avaient rien à perdre (aucune propriété) ne pouvaient être pris au sérieux, on ne pouvait pas leur faire confiance. La troisième république est passée par là et a ripoliné l'héritage de la Révolution française, qui est demeurée une révolution bourgeoise jusqu'au bout.

Donc, le journaliste français qui dépeint la crise thaïlandaise comme "la révolution française" (en pensant le peuple s'unit contre la tyrannie) a bouclé la boucle (ce qui lorsqu'on parle de révolution, est bien commode) en parlant en fait de la prise de conscience de la bourgeoise d'être menacée par la masse des petites gens. [comme quoi l'Histoire est toujours remodelable à souhait].

A part ça le Lashkar-a-Taiba a réussi un joli coup : dix personnes pour dézinguer 200 personnes ! Encore une fois, il faut relever que les morts n'ont décidément pas la même importance : cela fait plus d'une année qu'une série d'attentats ensanglante l'Inde, sans avoir le moindre poids en Occident (à part quelques articles). Il faut que des Occidentaux périssent pour que le monde s'affole.

mercredi 26 novembre 2008

ragusa à la rescousse des CFF


Ce matin, ce n'est pas le contrôleur qui est venu me tirer de ma douce torpeur (enfin un wagon silence sans vieille suisse allemande illettrée qui jacasse à tout va), mais une dame qui me tend un ragusa (miam, le nouveau au chocolat noir) et deux petites cartes.
Tout ensommeillée, j'accepte le tout sans broncher et lit mécaniquement les cartes. L'une est un concours pour gagner une montre Mondaine (oui les Suisses Allemands trouvent que ça fait chic pour un nom de montre, comme quoi...) des CFF.
L'autre est une excuse en bonne et due forme pour le manque de ponctualité des CFF. Chpan dans les dents : c'est dur à 8h de voir ainsi s'écrouler un mythe suisse : la ponctualité (d'ailleurs mon crétin prof d'allemand disait toujours : la ponctualité est la politesse des rois [ponctualité à quoi ? Est-ce que Louis XVI était à l'heure pour son rendez-vous avec la guillotine?]).
J'ai longtemps cru qu'un jour on me confisquerait mon passeport suisse pour cause de manque inné de ponctualité. J'ai d'ailleurs cessé de porter une montre depuis mes 20 ans, ce qui me donne une excuse imparable pour ne jamais savoir quelle heure il est (un luxe, une liberté, ne plus pouvoir segmenter le temps... et le voir se diffuser. D'ailleurs pourquoi les hommes ont-ils éprouvé le besoin de donner une semaine au temps ? Les mois se basent sur le calendrier lunaire ou solaire, mais les semaines? Y a -t- il une raison scientifique de découper la suite des jours en un retour perpétuel des jours de la semaine? )

Bref, je vais finir les emboîtements et reprendre mon raisonnement (un peu de logique me dirait mon colocataire physicien). Donc les CFF s'excusent (et par conséquent reconnaissent qu'ils ont tort : un innocent n'a rien à se reprocher et ne s'excuse jamais !) : un autre mythe de l'Helvétie s'écroule : après Swissair et les CFF, l'on ne sera plus supris de voir l'UBS s'écrouler, heureusement la Migros sera là pour sauver la nation.
Cette excuse s'accompagne d'une douceur confédérée pour faire passer la pilule. Tout serait charmant si ce Ragusa au chocolat noir (praliné, très bon, pas trop sucré, juste ce qu'il faut, fondant sous la dent) ne venait d'être lancé. Joindre une excuse à une campagne de promotion pour du chocolat suisse, la belle affaire. Faire taire les mécontents avec des douceurs, pourquoi pas, je me disais. Mais récupérer des campagnes de lancement de produits à des fins promotionnelles... bof.

Surtout que le train du retour avait 12 minutes de retard.

voyage voyage

je me suis laissée entraîner à mon penchant bling bling naturel (comme diraient mes amis alternatifs berlinois) en m'embarquant pour quatre jours sur un bo bateau. Nous avons vogué vers Barcelone, aperçu les mosaïques du Parc Guëll et les tags des squats, puis le vent force 10 nous a détournés de la Corse et nous a mené droit vers Marseille, sa bonne mère et son vieux port... Quelques photos pour vous donner envie :



















copyright dievouchka : Vieux-port, mosaïques de Notre-Dame de la Garde, un message de bienvenue d'un squat barcelonais, mosaïques du parc Guëll, le bo bateau, la mer....

lundi 24 novembre 2008

retour de vacances

la canebière, des bottes violettes barcelonaises, des savons de Marseille achetés au Vieux Port, des culturistes belges en goguettes, des vendeurs d'aspirateurs italiens, les arcades de Savone, et la tête qui tangue à cause du mal de terre... Promis si vous êtes sages je vous en parlerai...

jeudi 20 novembre 2008

décousus...

...sont mes propos. Car ils servent d'échappatoire à faire mes valises, chose que je déteste le plus au monde. Symptomatiquement, c'est avoir le choix de ce que l'on va emporter, et pour moi, le choix porte en soir quelque chose de déchirant, c'est se séparer de la possibilité de ce que l'on pourrait faire.
Bref, tailler à vif dans les hésitations et voguer sur une décision affermie.
C'est ce que je vais faire pendant les quatre prochains jours, sur les vagues méditerannéennes de novembre, à l'abri des pirates somaliens et des icebergs.

je pourrais vous parler de mes pendulations (tiens, une femme aux gros yeux qui conseille à haute voix à une amie au téléphone de "lui faire payer tout ce qu'il peut avoir"... J'adore écouter les détails des divorces étalés au grand jour, ça me fait sourire ("aucune dignité d'étaler sa vie privée en public"), ensuite la dame remarque et me fusille du regard dans le wagon. Curieuse situation de communication, où l'on est bloqué pendant 30 minutes (dire que l'année passée, c'était 50 minutes !) à côté d'inconnus, qui vous infligent leur conversation inintéressante!!! La peine capitale semble bien douce pour de pareils malhonnêtes! (humour pour tous les bien-pensants, je précise, pfffffffff ) Parfois il faudrait cotiser une police de la tranquilité qui traquerait tous les gens qui nous dérangent!! Avec une attention soutenue pour tous les alémaniques qui oublient de lire le signe "wagon silencieux" qui méritent d'être écartelés en public, ni plus ni moins!!

je pourrais vous parler d'un documentaire dont j'ai eu la primeur "La citadelle de l'humanitaire", mais je ne vais pas le faire, car je l'ai finalement assez apprécié (plus que "lost in liberia"), mais bon en même temps, c'est fatiguant d'ordonner ses pensées, alors promis ce sera pour une prochaine fois.

Bon je crois que j'ai épuisé toutes mes ressources et que je vais me résoudre à retourner à mes valises ! Pour info, je prends des vacances bien méritées (oui, la vie active infligée à une ex-étudiante, ça devrait être interdit par les Conventions de Genève).
A tout bientôt!!

mercredi 19 novembre 2008

la terre est bleue comme une mandarine


Plaisirs simples de la vie : arriver plus tôt à la maison, après s'être vue confier un projet intéressant, se promener dans sa rue, où les érables parsèment leurs dernières feuilles sur les trottoirs moirés. L'humidité légère brouille les immeubles de la Belle Epoque et le savant artifice de stuck devient chantilly dans la brume.

Escale au géant orange, où je m'approvisionne de belles mandarines, éclats de soleil juteux sous les dents.
Humble pleasures of life :
Coming home earlier, walking in my street, whose maple trees let their last leaves falling on the velvet sidewalk. The fog make the early-20th century building blurry : they become candylike. let's go to the orange grocery store buy some mandarines, sunbeam juicing under the teeth.


la photo n'est pas de moi, je l'ai prise là : http://farm1.static.flickr.com/51/141163049_2d9d14c463.jpg?v=0

lundi 17 novembre 2008

mariastein


plongée sous le brouillard.....je hais les dimanches. La météo promettait du soleil pour toute la Suisse : partis de bon matin [ce qui est exceptionnel pour un dimanche, car nous dérogions au rituel sacro-saint du dimanche auquel je consacrerai un billet un des ces jours] direction la campagne bâloise avec des vagues projets de promenade le long du rhin et de visites muséales... Tout fut coupé, arrêté net les projets se dissipant au fil de l'autoroute, sous le stratus qui ne se dissipait pas. Parfois la vision fugitive d'un verger : cerisiers déposant leurs feuilles dorées à leurs pieds au milieu des prés. Puis absorption dans le brouillard, le Jura se devinant à peine. L'abbaye se signale soudain par l'apparition d'un saule pleureur. Une façade classique, une église néo-baroque... rien à signaler. Commence la plongée vers la grotte, le long de couloirs recouverts d'ex-voto, et partout la transcendance à fleur de peau. Une lumière diffuse, souterraine, 59 marches, des verrières plongeant vers la vallée, une porte, puis une grotte mystique. Une piété populaire et baroque, une statuette recouverte de brocart et comme le signale une affichette "du voile de mariée de la femme de Napoléon III" (pauvre Eugénie, condamnée par les Bâlois à l'anonymat), un silence. La grotte : retour dans le ventre de sa mère, pénombre, humidité et silence. Calme et sérénité. La vierge sourit énigmatiquement, entourée de cierges. Je formule une demande silencieuse. Puis repars me plongée dans le brouillard qui indistinctement des formes (à peine remarque-t-on qu'on est à nouveau sur le plateau suisse) me ramène à la maison. La vision mystique s'évapore. Me voilà à nouveau baignant dans la mélancolie dominicale. Je hais les dimanches.


L'image n'est pas de moi je l'ai trouvée sous :

http://helvetia-catholica.blogspot.com

vacance

dans tous les sens du terme :
1) je pars en croisière (voui!!!!)
2) vu le peu de réactions, je vais attendre d'avoir des trucs inspirés à dire, plutôt que de vouloir à tout prix remplir mon blog. Ma profession actuelle n'étant pas des plus inspirantes, j'ai de moins en moins des illuminations (st-paul, rimbaud et autres crus (humagne et syrah)).