dimanche 20 septembre 2009

Kalamaki


La plage du naufrage, Zante, photo de Rob, que j'ai trouvé ici : http://www.flickr.com/photos/robwallace/89912103/

Tout prochainement je vais m'envoler vers le soleil et la chaleur qui ont déserté nos austères latitudes. Je ne peux m'empêcher de penser à Houellebecq qui évoquait dans Plateforme l'absolue nécessité pour les Occidentaux de s'envoler vers le soleil, dans des flux migratoires... Bon, pour être totalement franche, Houellebecq en concluait que tout Occidental cherchait le sexe exotique inhérent aux vacances lointaines... mais bon, là je m'éloigne complètement de mon sujet...
Je suis entrée récemment dans le monde du travail, ce qui a l'effet de réduire considérablement mon rythme de publication. Tout l'été, j'ai été une petite fourmi, puis septembre est venu et toujours pas d'occasion de me détendre. Moi qui détestais l'idée de vacances platement plagières, me voilà en train de rêver d'une vie moins trépidante, allongée sur le sable fin.

dimanche 6 septembre 2009

Automne, ma saison mentale


L'été est passé et tente encore de briller ... Après une semaine de grandes chaleurs, nous revoici dans cet entre-deux délicieux, où les moissons sont engrangées et les grappes de raisin encore sur leur branche.
Quant à moi, je questionne toujours le monde, après mon voyage au Kazakhstan et mon futur périple en Grèce.
Je vous ai mis là un succédané de soleil, une plante lumineuse, qui se tourne vers le photophore.

vendredi 31 juillet 2009

a molejon
















bon sinon les loulous un joli herbier alpin : gentiane, lis martagon, orchis tacheté et berces le lond des pentes douces du moléson...










jeudi 30 juillet 2009

les secrets du tréfond canadien


saviez-vous que la libye vient de conclure un accord concernant le nucléaire civil (un memorandum, ne me demandez pas en quoi cela consiste exactement, une sorte d'accord de commerce à ce que j'ai compris, sinon daignez éclairer ma lanterne) avec un quatrième pays, suite à la signature d'un tel traité avec Moscou, Kiev, et une autre capitale dont le nom m'échappe.

Bref, vous songez peut-être à caracas, ou alors à minsk ? à moins que ce ne soit carrément Téhéran?

Non pas, du tout. Ottawa did it.

Je me suis alors sérieusement posée la question : quel est l'intérêt du paisible "true north" à frayer avec notre sympathique Mouammar?
Et bien, l'homme ne change guère, et le dollar, même frappé du délicat portrait de sa gracieuse majesté, reste roi.

Car le Canada doit vendre son uranium, et ne semble pas très regardant tant que le partenaire paie.

C'est alors que j'ai fait une découverte : le saskatchewan, province canadienne dont vous n'avez probablement jamais entendu parler, est le plus grand producteur mondial d'uranium.
Les sites miniers du nord de l'Etat regorge du précieux métal. J'apprend ensuite le destin d'Uranium City, une ville qui comptait 5000 personnes au début des années 1980, qui s'est ensuite transformée en ville fantôme (80 personnes de nos jours) suite à la fermeture de la ville.
Une ville blanche : c'est-à-dire une ville de colons venant du sud, des blancs extrayant le métal au milieu des réserves de "First nations".

Si Uranium City a été désaffectée, trois ou quatre villes minières persistent dans le nord du Saskatchevan, et profitent de l'envol des cours de l'uranium depuis 2003. Pourquoi depusi 2003? on parle de prise de conscience du stock limité d'hydrocarbures et de la volonté de chercher des alternatives. D'autres plus cyniques relèvent que 2003 c'est également l'année de l'invasion de l'Irak.

Bref, comme quoi le silence du Grand nord recèle bien des mystères. Je me demande si les enfants élevés à Uranium City (l'une d'entre elles est actuellement membre de l'équipe féminine nationale de hockey sur glace) ont subi des conséquences de l'émanation de l'isotope. A Uranium City, on a donné à l'école secondaire le nom du premier prof qui s'y est aventuré. Maintenant, il paraît que les locaux sont vandalisés. Les ours?

mercredi 29 juillet 2009

50 choses qui donnent envie de vivre


c'est que désormais je rédige à longueur de journée. ET que le soir je suis lasse de réfléchir.
Travailler sans réfléchir serait la meilleure façon de ne pas penser, selon Voltaire.

Beau programme.

Bon, j'exagère, je pense toujours...

notamment au fait que la jeunesse a soif d'absolu.
C'est cela qui la rend si dangereuse.

et les compromis? est-ce là devenir adulte ?

Sinon il faudrait réfléchir à 50 choses, qui donnent envie de vivre, ou en tout cas qui font battre le coeur plus vite.

1/ découvrir un phrasé dépouillé qui tient la route (Ernest Hemingway, le soleil se lève aussi)
...
pour le reste, je vous laisse la parole

ps : il paraît qu'oskar freysinger a reçu un prix de poésie, il s'est présenté incognito à un concours. Les voies du seigneur sont décidément impénétrables.
Va-t-il recevoir le daïla lama ? en tout cas, il est bien membre du groupe parlementaire suisse-tibet.
(c'était l'info surprenante du jour)

ps : l'image est une image du film "le soleil se lève aussi" - que je n'ai pas vu - tiré d'un livre (que je suis en train de lire) et qui pour de multiples raisons reflète mon désir de simplicité dans l'écriture. bref je me comprends. si vous non, n'hésitez pas à poser des questions. Bref, j'ai piqué l'image ici :

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51qWMS-549L._SL500_AA240_.jpg

mardi 19 mai 2009

mercredi 22 avril 2009

tranches de vie

vu sur le quai 4 de la gare de genève :

un mec avec un t-shirt Israël ("the only democracy in the middle east") qui mangeait un hot-dog...
Et ça n'a rien à voir :
lu dans les trams des tpgs :
"nos conducteurs sont formés à la conduite douce, mais tout peut arriver, alors tenez-vous"

mercredi 15 avril 2009

j'ai un coeur en fer forgé. Dans les interstices, des ptyx érodés patientent

Au fond à quoi mesure-t-on la fuite du temps ?

d'apprendre parfois que les "cools" de notre adolescence sont -enfin ?- devenus ringards. Depuis quand les rollers inline et le snowboard ne sont plus à la mode ? Les années 90 - nonante, avec toute mon identité romande- meurent de leur belle mort, elles agonisent à foison. (de l'avis d'un vendeur de snowboard, les seuls usagers ont bientôt trente ans et la lifestyle fun ne survit pas à l'arrivée du carving.... quand au roller ,allez à ouchy regarder les inconditionnels. ils ont pris du bide et des rides....
Etre adulte et s'apercevoir que ce qui nous donnait des complexes à l'adolescence est bel et bien dépassé.... C'est bizarre, cette nouvelle devrait me combler de joie, mais elle ne fait qu'ajouter à mon spleen ambiant.
Quel est donc le zeitgeist ? comment saisir ce qui fait et qui défait ? si ma jeunesse devient passé antérieur, qu'est-ce que ça fait de moi ? Une antiquité, une adolescence passée sans natel ??
Qui peut se poser en Pétrone, arbiter temporI ? l'arbitre du bon goût ? toutes les multitudes du bon goût s'opposent, dans un match de catch dans la boue entre bourgeoises à serre-tête et rangs de perle, et play-mates aux mini-short et souliers compensés ....

qui est ringard actuellement ? qui le deviendra ? Devrait-ton honnir le bon goût et bon gré et mal gré, poursuivre son bonhomme de chemin ??

En attendant, mon âge me revient comme un boomerang en pleine figure : enfin ce n'est pas moi, mais plutôt la réflexion d'un ami, qui me confie que 29 c'est le pire âge. "Tu t'imagînes que tu dois réaliser tout ce que tu avais de faire avant d'avoir trente ans, et c'est là que tu réalises que c'est impossible...."

Première constatation : y a-t-il vraiment des gens qui écrivent de telles listes ?---- qu'y coucherais-je comme souhaits ? je m'interroge...
Je ne crois pas cloisonner mes décennies dans des "to do" list.... J'ai fait déjà pas mal, me murmurais-je, et il me reste beaucoup à accomplir... mais cela demeure du domaine de l'informé, de la brume imprécise... Je n'arrive pas à plaquer des projets sur ce futur informe. Est-ce là ma tare ? j'attends que le vent m'apporte ce à quoi j'estime avoir droit, déchiffrant les "forêts de symbole", la vie peuplée de signes à lesquels je donne une signification plénière.... comme la majesté des magnolias.

mercredi 8 avril 2009

Astana, ou la Dubaï du nord


les jolis couvre-lits kazakhs


le jardin suspendu à l'intérieur du Dvorets Armony, la pyramide construite par Norman Forster (l'architecte de la coupole en verre du Reichstag) à Astana

La verrière au sommet de la pyramide : le bleu et le jaune reprennent les couleurs du drapeau du Kazakhstan, tandis que les colombes géantes (130 comme les nationalités présentes dans le pays, enfin les ethnies dirions-nous en français) la paix



En dessous du jardin suspendu, une salle blanche qui symbolise le présent du Kazakhstan. En dessous de cette salle, une immense salle de concert



Vue depuis la tour Baïterek, sur les nouveaux bâtiments d'Astana



Et oui, je me suis tue tout le mois de mars ou presque, car je reviens d'un voyage de deux semaines au Kazakhstan, où je suis allée donner des conférences sur un femme de lettre (trouvez-moi un meilleur synonyme pour "écrivaine" s'il vous plaît, quelque chose de moins vain...).

Voilà quelques photos des différentes villes où j'ai pu faire escale, Astana, Kustanaï, Karaganda, Almaty et Bishkek. Pour commencer, voilà la néo-capitale, qui s'élève au milieu de la steppe, avec ses buildings très kitsch. La pyramide de Lord Forster m'a particulièrement plue...






mercredi 4 mars 2009

true lies


mentir, un peu, beaucoup, passionnément, par omission, en pensée, en paroles et par action....
La fiction et l'autofiction : jusqu'à quel point la face qu'on présente au monde est en adéquation avec ce qu'on ressent au fond de soi-même ?
Chaque individu n'est qu'une somme, une construction qu'il s'agit de laisser voler aux vents des circonstances. Le baroque disait que le monde n'était qu'un théâtre : tenons notre rôle avec brio, laissons filer le temps filandreux et tissons-en nos plus belles années, avec des étoffes d'espoir et parfois d'amertune.
Si chaque artiste se projette dans son oeuvre (et parfois en y apportant plus d'un élément autobiographique (que ce soit la bourgade haineuse de Payerne ou le grand-père collabo)), correspond-il exactement à la personnalité publique qu'il se construit ?
Chappaz était-il vraiment ce poète désintéressé et zen, alors qu'on le sent si préoccupé de contrôler - jusqu'au dernier instant - son oeuvre ? Chessex est-il vraiment cet être de glace, au regard assassin, confit dans son intellectualité - alors que son oeuvre n'est que sensualité - certes cruelles, mais si belle - et mysticisme ?

Quant à Emmanuel Carrère, il a droit aux louange de Libération (la critique de son dernier livre est paru aujourd'hui en première page, sous le titre Evenement). J'avais beaucoup aimé son "Roman russe", tout comme l'adversaire; alors que tout en moi aurait dû être révulsé par l'autofiction (je n'aime pas le déballage gratuit, surtout à la Catherine Millet, son "regardez-moi comme je baise na na na " que je trouve tellement puéril et vain), celle-ci est pensée et absolument argumentée au fil des passages. L'auteur n'hésite à s'auto-flageller (cet homme qui a la chance d'appartenir à l'élite, contrairement à sa compagne - "qui chaque jour doit prendre le métro"). La peinture d'un être perdu - dont on ne remarquait pas les mensonges (et par conséquent l'existence, car comment peut-on ne rien remettre en question dans la vie d'un homme pendant vingt ans, en acceptant la routine), c'est-à-dire qu'on ne questionnait pas et qui n'existait pas (car le mensonge peut faire vivre, mais aussi faire mourir, comme dans le cas de Romand) - pose de manière cruelle l'ambivalence du mensonge : indispensable dans la création (car feintise ludique partagée, comme disait l'autre) ou mobile d'assassinats. Pour ne pas décevoir sa famille Romand a préféré la décimer. J'y pense chaque jour en scrutant les visages des fonctionnaires de l'OMS que je cotoie dans le bus 8 (ou F) au départ de Cornavin, Genève.