mardi 16 mars 2021

L herbier



La Sarine gonflée roule ses flots verdâtres

Comme des billes de verre de l’adolescence

Quand l’ancien nouveau monde n’avait pas pas encore coulé


Et là un ou deux châtons pour gonfler tes yeux

Verdâtres comme des billes de verre de l’adolescence

Pollen mais pas ce trouble dont je croyais me souvenir

Et qui n’a jamais existé


Car nous nous étions jamais vu

Et si les saules autour de nous pourraient nous étreindre

Flexibles lianes qui écoutent nos silences


Dans une possible reverdie

Où quarante peut être divisé par deux


Mais ce souhait je suis seule à le créer

Mot à mot, 

À chaque pavé foulé de nos pas

Et le sable pris dans la molasse

S’égrène désormais pour nous


Figés nous n’allons nulle part


Seule je dessine un mouvement

Sur ce papier


Plaçant ce moment entre deux feuilles

Et le faisant sécher pour qu’il renaisse un jour


Comme si nous avions été un jour

N’est pas 


comme n’est pas cette fleur que je croyais cueillir

À placer dans mon herbier


Et le mur fait des galets de rivière

Ta façade préférée

Libre et sans chaux

Et l’herbe inconnue qui pousse dans le tuf

S’échappant de la pierre


Tout cela ne sera pas pour nous

Et figée je suis prise dans le piège de mes mots


A la fontaine pleure l’historiette 

Où j’avais tenté de noyer mon ennui

Le buvard a pris l’eau 

Et la fleurette n’est plus


Je remonte vers la ville haute

En train de croire à mon souvenir

Mais l’illusion ne dure


Je trouve près du funiculaire 

le magnolier encore fermé

Le remugle sans la beauté


Et tout ce qui constituait le souvenir inventé

Plane comme une promesse au dessus de la ville vert-de-gris

Les mots lassent

comme la pierre sous la pluie

Et ce froid de mars


Et toi tu vas t’ensabler plus loin

Sans avoir esquisser de mouvement


Si je dois d’apporter une rançon

Ce sera une cuirasse de mots

Afin que tu me désarçonnes

Me désarmes

M’abandonne

jeudi 4 février 2021

A fond de cale

 Je te regarde et tu te dis proclame l’affiche

Un homme en tresse te regarde

D’un air doux et profond

Et tu dis justement que son regard est interrogateur

Il te demande où étais-tu pendant qu’il était enchâiné par fond de cale

Le regard non pas accusateur, mais qui sans fin demande: pourquoi?

Pourquoi enchâiner des hommes, traverser les océans leur faire, en frêt

Frêle embarcation pour de si valables cargaisons

Non comptées en âme, mais en forces de production

Ramasser du coton, pousser les charrues, à la force de leur muscles enchaînée

 

Tout cela tu le devines dans le regard

 Et tu répond tu crois savoir que j’étais boucle poudreuse

Robe en crinoline ou coiffure à la pompadour

Depuis quand cela dure ? Si long que je change de coiffure

En vrai je devais être robe de bure à genoux dans la boue

Mais sans excuse, car rien de vie aussi dure

Qu’une vie privée de liberté

Qu’une vie qui nous est volée

À force d’être réduit à l’état 

De force vive

Force de production

 

Les muscles depuis longtemps réduits en poussière

 Et pourtant à fond de cale

Les bateaux coulés par les tempêtes

Les fers entourent toujours les frêles os

A jamais enchaînés

Le frêt 

et il faut davantage que fredonner leur vie

Leur âme gisant aux fonds des mers

Les faire voler au-delà, jusqu’à la forêt maternelle

Et c’est cela que je me dis quand tu me regardes

Je me dis que j’aimerais pouvoir chanter leur vie indomptable

Leur non moins frêles âmes

Et la tienne tout autant, mon ami.

 

 

 

jeudi 30 janvier 2020

La pythie


C’est au milieu de l’église de Winterthur qu’on me redonna une dignité. 
Aux murs, des fresques trop colorées pour être centenaires représentaient à la façon paléochrétienne les prophètes de l’ancien Testament. Des noms exotiques pour une catholique, comme Habacuc, dont le nom a certainement dû être proscrit du cathéchisme romaine de peur de faire pouffer les gamins.

Machinalement, j’égrénais les noms sur les parois, une litanie de prophètes inscrite sur fond bleu-roi.


- Ton nom, il vient bien de Delphes ? 


Je me retournais, bouchée bée. C’est la première fois depuis des temps immémoriaux qu’on me parle de la ville grecque lovée entre les montagnes, plutôt que du cétacé habituel, dont toutes les langues, tant germaniques que slaves, ont paré le phonème de mon prénom de la signification de dauphin, alors que le français conservait le mot « Delphine » pour désigner les femmes.


Une dignité retrouvée. Me voilà de retour parmi les vivants.


Au milieu de la nef de Winterthur : une église néo-basilicale, comme je l’expliquais un peu plus tôt à mes amis, qui écoutaient studieusement. J’étais étonnée d’être la seule à avoir des notions en histoire de l’architecture. C’était la partie que j’ai préféré à mon semestre d’histoire de l’art, vieux déjà de quatre lustres. Mes notes doivent prendre la poussière ou moisir quelque part au galetas, mais dans mon cerveau, tout fait encore sens.



L’amour de l’histoire. Je ne comprendrais jamais comment on peut en être dénudée. JE me rappelle de mon excitation lors du dévoilement du plan de l’abbaye de St-Gall. Une scénographie étudiée révélait au dernier moment le vieux parchemin, tout de même vieux de 12 siècles, et qu’on ne dévoilait que 20 secondes pour le préserver des yeux lasers, ou du moins de la lumière artificielle. J’attendais que la paroi se soulève, comme un rideau de cinéma, mais c’est le plateau surlequel reposait une reproduction en bois de l’abbaye selon le plan qui se souleva. L’abbaye en 3D se souleva dans les airs pour faire place à un caisson oÙ était étalé un morceau de cuir, où ma stupéfaction me laissa juste le temps d’admirer les coutures entre les différentes pièces de la peau de mouton. Je ne pris garde qu’à peine aux scribouillis, à l’encre noire et rouge qui composaient des figures géométriques sur la surface où l’on voyait douze siècle après les pores de l’animal dépouillé de ses poils, et qui elle retint toute mon attention.



Je me rappelais qu’une copie du plan - qu’on peut acheter au musée pour près de 40 ans a l’air qu’il s’agit d’une simple affiche format mondial ( je n’achète jamais ce type d’affiche, je trouve le prix toujours trop cher et après je regrette, car les cartes postales qui garnissent mes murs ne sont finalement que des confettis dépareillés, qui ne composent qu’une part infime du souvenir). Ce plan, où se trouvait-im ? Dans les bureaux de la section médiévale de l’Université de Lausanne ? Ou alors contre le mur d’un des studios du conservatoire ? Dans chaque studio,il y avait souvent de ces affiches, qui présentait une exposition de peintures. Ironie appuyée des professeurs ? On m’avait raconté des années plus tard que le conservatoire avait pris possession d’un ancien asile pour aveugle et les studios de musique n’étaient au début que les chambres des aveugles.

Dans le studio de ma prof de piano, il n’y avait pas de poster consacré à une exposition de peinture. Mais une affiche de concert, pour le concours Clara Haskil. Je lui avais demandé qui c’était, cette femme décharnée au chignon lâche, qui selon mes yeux d’enfants, avait l’air d’avoir été privée de chocolat toute sa vie. Ma prof me raconta que c’était une femme très talentueuse, mais qui n’eut jamais la chance de voir son talent découvert pendant sa jeunesse. Arrivée tardivement à la reconnaissance, elle s’empresse d’organiser un concours pour promouvoir la découverte des jeunes talents. Enfant, je n’avais jamais fait le lien avec ma propre prof de piano, un être décharné et transparent. J’avais beaucoup d’affection pour elle, même si elle me grondait souvent que je ne travaillais pas assez mes gammes.


Un jour, je devais avoir quatorze ans, je viens pour ma leçon de piano à l’heure prévue. La porte du studio est entrouverte. Ma prof n’est étonnamment pas là.

Son absence habite toute la pièce. 


Décontenancée, je m’installe, pianote un instant. J’attends dix Minutes, puis quinze. Et là je me dis qu’elle doit être malade, bien qu’elle ne semble pas fait de matières organiques.

J’informe le secrétariat, qui a l’air surpris. Ils me disent que je peux rentrer chez moi. Je n’ai pas vu la personne précédant mon cours. JE ne saurai jamais si c’est l’élève précédent qui a causé la fugue de ma prof ou si c’est la perspective d’assurer la leçon qu’elle devait m’enseigner qui lui sembla de trop. Confusément, la culpabilité ne se fit que rétroactivement, et quelle que part ce n’est qu’en écrivant ces lignes que je prends réellement conscience de la masse de culpabilité diffuse qui découle de ce studio peuplé d’un grand vide.


Il s’avéra qu’elle était dépressive, on me dit juste sur le moment qu’elle était souffrante et on me trouva un autre professeur, au studio plus grand. JE ne revis jamais ma prof de piano, je ne lus qu’épisodiquement ses lettres de lecteur au quotidien de la ville. Des saynètes décrivant des promenades de renards dans les villes, dans un style poétique et naïf qui ne présageait rien de bon sur son état mental.

mercredi 6 novembre 2019

La nuit

Les étoiles crachent de mortels reliquats
Paillettes noires,
Masses de carat
Dont l’éclat ouvragé
Perfore la nuit
Bruts diamants éteints depuis des lustres
Leur lumière minérale nous parvient 
Morte depuis si longtemps
Froide, énigmatique, funeste

mardi 17 septembre 2019


Ma mère avait 11 frere et sœurs. Elle n est pas morte, certains autres oui.
Ma mère avait 11 frere et sœurs. C est dire qu elle a assez tôt perdu confiance en l être n. 
12 parts de gâteau à partager. D autres en voulaient certainement plus que d autres.
Ma mère coupe depuis toujours des tranches tres fines. De rôti de salami. Des tranches diphanes de fromage.
Elle n arrive pas à apprecie des tranches de salami de plus de 2 millimètres. Trop épais trop de goût.
Un jour j ai compris d ou ça venait: ma grand mère tranchait menu. Detaillait petit pour ses petits. Des tranches fines pour faire durer

dimanche 4 novembre 2018

La fresque interrompue III

Elle se retourna sur le côté, chercha en tatônnant le réveil. 05h45. Le temps de se lever. Chaque réveil était une souffrance, d’autant loin qu’elle se souvienne. Se déshabiller dans la salle de bain froide du chauffage encore inenclenché. L’eau de la douche sur la peau, trop matinale pour être bienveillante. Avec le temps, elle avait appris à se maquiller même à moitié endormie, réduisant ainsi les ravages des insomnies et des rêves étranges.
Elle mettait son casque et enclenchait la musique et filant encore endormie, elle se laissait porter en bus, en train, en bus et enfin en tram jusqu’aux franges de Genève, oÙ l’attendait son stage.  Elle avait déniché contre toute attente un travail payé au lance-pierres dans une vieille institution, logée dans un vieux bâtiment dont l’air d’hôpital vieillot laissait transparaître l’histoire caritative.
Elle travaillait dans la nouvelle aile, enfin « Nouvelle » pendant les années 70. Elle arpentait des couloir en pente, à la moquette bleue. Auparavant, elle avait gravi la pente depuis la place à la chaise à trois pieds, passé devant deux ambassades antagonistes, monté les escaliers puis traversé la petite place ombragée par le magnolia. Du goudron, le trottoir un peu défoncé, des pavés… elle ne levait guère les yeux en marchant.
Bientôt elle serait à son bureau, cet open Space infernal, et devrait s’agiter. La moquette bleue était le dernier signe d’apaisement, un purgatoire, avant de se lancer corps et âme dans son travail. Rétive, elle ralentissait avant d’arriver au bout du couloir.  Et toujours ce soupir imperceptible en ouvrant la porte, ce refus mental. Pourquoi ne pouvait-elle pas être heureuse de son boulot ?

samedi 3 novembre 2018

La fresque interrompue II

Eva se retourna et repassa les mots dans sa tête. Ils sonnaient bien. Elle tendit la main pour atteindre le petit cahier posé sur sa table de nuit. Les mots se laissèrent coucher sur le papier. Elle se dit que maintenant que sa pensé avait été matérialisée, ou presque, car cela n’était jamais parfait, elle pourrait plus facilement se rendormir.

Un visage tout contre le sien. Un homme qu’elle n’avait jamais vu. Un visage aux lèvres couleur de cire. Des oreilles sans lobe. Et une sensation de chaleur qui l’enveloppait, des mains qui parcouraient son corps…. Aucun doute, elle était en plein rêve érotique, et sa conscience à demi-éveillée jura. A chaque fois que cela lui arrivait, le rêve prenait fin avant l’orgasme. Et après son esprit tentait de  recomposer les positions, de retrouver le satiné d’une peau, mais sans jamais atteindre les mêmes sensations ce bonheur oÙ les corps ouatés, aux frontières en pointillés, se mélangeaient, au mépris de toutes les lois de la physique. L‘Homme en question n’avait jamais un visage reconnaissable, mais c’était toujours un homme. Au moins ça, pensa-t-elle, frissonnnante…

mercredi 31 octobre 2018

La fresque interrompue I

Couchée sur le côté 
elle écoutait son sang battre sous ses os. 
Pulsation. 
La petite rivière rougeoyante. 
La petite musique de ses veines.
Elle sentait la vibration de ces sons tout autant qu elle l entendait. 
Elle était à la fois l enclume et le tambour.
Le sang était vif sous ses côtes. 
Impatient . 
C était pourtant le même sang qui circulait dans les larges veines des cuisses. Ces vaisseaux ci zigzaguaient sous sa peau. Le delta amazonien. Le flux ne devait pas fendre la jungle mais se trouver un chemin au travers de la graisse.
Ses côtes étaient quasi décharnées et les veines collées aux os accéléraient la route des globules. 
La petite musique de nuit reprenait.

mardi 29 août 2017

Le mur du cimetière

Elle remarqua les légères corolles  qui dépassaient du mur de tuf.  Des pétales bleues, en clochelle, on aurait dit des campanules.  Mais leur couleur était délavée, presque mauve. Elle voulut s’approcher, d’ailleurs c’était possible, on avait enlevé les piquets et le fil de fer qui clôturaient les moutons. Mais son élan se fracassa contre la soudaine réalisation de ce que retenait le mur de tuf.

Le cimetière. C’était le mur du cimetière, où entre les interstices du tuf  s’envolaient les fleurs bleues. Et le carré des enfants. Il y avait une fille morte d’un cancer dans les années 70 et des cas de morts spontanées du nourrisson. Certaines tombes portaient des inscriptions illisibles, ET guères de fleurs. D’autres étaient nappées de jouets, de fleurs, d’intentions et de regrets.
Mais toutes saississaient au cœur par la petitesse des tombes.

Elle se rappella ce que sa mère lui avait dit. Que les enfants étaient enterrées dans des petits cercueils tout blancs. Des petites boîtes. A 15 ans, à force de trop écouter « La Jeune fille et la mort », elle avait planifié son enterrement. Elle espérait pouvoir être encore assez petite pour avoir droit à un cercueil blanc. Elle porterait sa robe blanche que sa marraine lui avait achetée à Benetton, dont le corsage était surpiqué de dentelle anglaise. Et puis bien sûr, on jouerait le quatuor à cordes lors de la messe.  A l’époque, elle n’avait guère songé aux fleurs, son intérêts et ses connaissances en botaniques étaient encore en jachère. Et ce malgré son romantisme exacerbé.

Elle était toujours là, aux franges du pré qui bordait le cimetière. « C’est comme si les enfants morts avaient nourri les fleurs ». Un bon terreau. Ou alors s’étaient transmués dans un autre règne, végétal ? Les frêles clochettes mauves, si poétiques dans leur élan vers le ciel.  Si broyables, en un seul geste, le poing fermé, tout serait fini, leur fil redéployé à nouveau coupé.

Mais elle n’avait pas envie de terminer cette beauté. C’est ce genre de signaux que lui envoyaient le monde qui lui permettait de tenir. Au milieu de la majorité médiocre, des gens qui justement écrasaient tout de leur banalité, sans rien remarquer, sans se gêner. Les gens qui prenaient toute la place. Et qui l’asphyxiaient.

Plus tard, elle dîna au milieu de photophores blancs, élégants mais peu lumineux. Une bière écossaise, amère mais pas trop, éclairait nettement mieux la soirée. Tout comme la lune, qui croissant, lui faisait l’honneur de déployer un D dans le ciel, comme son prénom. ET cela la rassénéra un peu. Plus besoin de songer à quoi porter pour son enterrement. Mais peut-être la question des fleurs ….



lundi 13 mars 2017

Carnaval de Bâle: La pluie n'éteint pas des festivités lancées par le "Morgestraich"

Le carnaval de Bâle a débuté lundi: le traditionnel "Morgestraich" a lancé les festivités lundi à 04h00 précises, les lanternes éclairant la ville entre deux averses. Le cortège a ensuite éclaboussé les rues de sons et de couleurs, malgré la pluie.
Le premier jour du carnaval n'a pas été épargné par la pluie qui a dilué la foule, nettement moins dense qu'à l'accoutumée sur le parcours du cortège.
Certains membres des cliques ont revêtu lundi après-midi des imperméables transparents pour ne pas abîmer masques surdimensionnés et costumes.
Mais l'ambiance reste au rendez-vous : les "guggenmusiks", souvent masquées, soufflent dans leurs instruments, les chars défilent, les cliques arborent fifres et tambours. Et les quais se colorent de confettis.
Donald Trump sur les chars
Parmi les chars, l'élection présidentielle américaine est l'un des sujets phares. La mort, arborant un uniforme de général américain constellé de médailles, conduit une clique costumée en prisonniers noirs, arabes ou chinois: la satire politique n'est pas masquée.
Suit un char séparé en deux par un mur: à l'avant du char, Donald Trump asperge la foule de confettis, pendant que des Mexicains en poncho restent derrière le mur. Enfin, une troisième clique promène dans un cercueil la Statue de la Liberté.
Les thèmes sportifs n'ont pas été négligés, comme l'équipe islandaise de football qui avait marqué les esprits lors de l'Euro, ou l'évocation des Jeux olympiques de Rio.
On trouve également parmi les chars des vikings sur un drakkar, des mousquetaires aux costumes de velours ou une machine inspirée des oeuvres de Jean Tinguely, accompagnée de masques de cet artiste.
Certains chars se distinguaient par des actions plus cocasses, comme ces chevaliers végétariens, armés d'une catapulte et arrosant la foule de carottes. Ou cette clique motorisée, à vélomoteur, masquée de crâne de vaches, loin de l'image traditionnelle du carnaval de Bâle.
Lanternes dans la nuit
Les festivités ont été lancées à 4 heures pile lorsque les lumières de la ville se sont éteintes. Les cliques ont alors commencé à déambuler dans les rues avec leurs grandes lanternes au rythme des fifres et des tambours.
Des milliers de spectateurs ont assisté au début des festivités par un temps sec mais frisquet (4 degrés). La pluie, qui avait abondamment arrosé la région durant la nuit, a marqué une pause lors du "Morgestraich".
Les cliques et le public se sont ensuite mis à l'abri pour déguster la traditionnelle soupe de farine accompagnée de tartelettes aux oignons ou au fromage.
Pas moins de 482 cliques, chars et "guggenmusiks" sont annoncés. C'est 20 de plus que l'année passée. Un deuxième cortège aura lieu mercredi après-midi. Le carnaval se terminera jeudi au petit matin.

lundi 20 février 2017

A la troisième personne

Pourquoi ne vieillit-elle pas comme les autres. A peine une ridule entre les sourcils, à force de penser, et des traits plus marqués au creux des joues, à force de sourire.
Mais rien dans son visage ni sa voix ne laissent supposer que non seulement elle a largement dépassé la trentaine, mais glisse inexorablement vers la quarantaine
Seules ses mains, et à peine.

Alors que les autres se plissent, s’empâtent, perdent cette petite étincelle de joie et de vivacité pour d’atures.
Au début, elle guettait les premières apparitions des plis sur la peau des autres. Comme dans un match, où elle gagnait indubitablement, son tableau n’affichant aucune ride, aucun cheveu blanc.
Maintenant, personne ne la croit quand elle dit que sa teinture est une pure coquetterie – un teint un peu plus sombre pour faire ressortir son teint rosé – et ne dissimule aucun cheveu blanc.

Elle se vexe parfois, songe à oscar Wilde qui disait que seuls les clergyman ne vieillissaient guère, car cela faisait longtemps qu’ils ne pensaient plus. Mais sa pensée ne s’arrêtait guère, glissant de roboratifs exercices à des doutes existentiels.
La pensée, l’unique rempart contre la banalité du mal, lui avait savoir un documentaire vu la veille sur Hannah harendt. Un palindrome, une pensée faite femme, intransigeante avec le politiquement correct et les émotions des autres. Sans compromission.
Hannah disait que le début de la pensée c’était pouvoir se confronter avec sa propre conscience, parler avec soi-même. Du bicamérisme, aurait renchéri les créateurs de Westworld, un show où les robots apprenaient à la fin du labyrinthe que la voix qu’ils entendaient n’étaient pas celle de leur créateur, mais celle de leur propre conscience.

Je devrais ainsi parler avec moi-même, songea-T-elle en laissant glisser les doigts sur le. Clavier.

Parfois elle se demande où est entreposée son tableau. Celui qui vieillit à sa place. Celui qui porte le regard rendu un peu morne par la  fatigue et le « à quoi ça sert »  , la bouche amère des illusions perdues.
Elle sait que peut-être elle devrait un peu comme les autres réaliser qu’elle va vieillir et que elle ne pourra pas continuer ainsi, à vivre comme si elle devait rester éternellement jeune.
Mais elle veut malgré tout rêver que tout reste possible, comme lors de ce matin de gloire de juin où elle avait réussi son bac, Oû elle croyait que la perfection de son esprit resterait à jamais.
A l’époque, elle ne songeait quasiment jamais à son corps, ou plutôt en terme de complexes qu’en autre chose. Les jeunes ne se rendent pas compte que le véritable cadeau de la jeunesse c’est cela : jamais ils ne seront aussi beaux qu’à 20 ans, leur corps je veux dire. Ferme et souple. Bien sûr tout le reste, l’assurance et le goût sûr viendront plus tard, mais pour le corps, la décrépiscence commence toôt. Et tout sport et yoga que vous pourrez entreprendre plsu tard ne fera qu’entretenir un corps déjà en train de se corrompre…

Comme la peau sur ses mains. Petite elle pinçAit la peau du dessus des mains de sa grand-mère. La ride restait en place. La peau de sa mère revenait à sa place, mais avec quelques hésitations. La peau de petite fille était comme un élastique tendu qui revenait immédiatement à sa place initiale. Désormais sa peau hésite une demi-seconde avant de se remettre en place, et ds cette demi-seconde, elle mesure enfin sa vieillesse.

Qu’aurait dit son prof de piano ? Qu’il fallait réinventer réinvestir les œuvres en fonction de notre âge ?

Elle refusait de lire

lundi 16 janvier 2017

sordide canada

Pour une fois que je suis sauvée car j étais trop vieille. Moi l'éternelle enfant rieuse à la moue trop réfléchie pour qu'on s y trompe vraiment. J'ai vécu ds la tanière d'un monstre qui cachait ses griffes et son appétit derrière une pelisse humaine. J aurais dû savoir en apercevant les têtes de cerfs ensanglantées que la maison demandait un sacrifice. La lune si claire car réfléchie par les champs de neige. Mais rien n y fit: toute innocence avait déserté cette maison, sauf moi.  Je vivais dans la maison des faux semblants.
Avant et après moi ce fut une autre histoire. Terrible: le père qui avale ses enfants. Se délecte de leurs chairs. S'en lèche les babines. Comme le cerf dépecé. Des tomates poussaient à la place des roses sur les plate bandes de cette maison: plus sanguines. Leur pulpes éclatant sous les dents. 
Dans cette maison, même le tapis était sanguin: rouge vif. Comme une fourrure pour mieux vous happer mon enfant.

Et moi à jamais trop vieille pour son appétit. A quoi ai je échappé? à dormir pourtant à poing fermé sans douter de rien? A l ombre du monstre qui devisait tranquillement avec moi si proche et pourtant me cachant sa vraie nature. M'apprenant à conduire, à danser.... Je n étais déjà plus gibier à sa convenance .

dimanche 4 septembre 2016

Milo Rau ou le théâtre documentaire (au Theater Spektakel)



Longtemps je n’ai pas aimé le théâtre.  Je n’arrivais pas à me projeter dans l’histoire avec ces personnages qui prenaient chair devant moi. Trop proches, trop réels.
Tout était présenté, déjà orchestré et je ne pouvais guère y ajouté quelque chose.
Puis je découvre le théâtre contemporain. Ses silences, ses décors inexistants. 
Et je suis séduite. Car devant ce silence et ces lacunes, le spectateur doit s’engager, se projeter, participer. Et c’est ainsi que le théâtre devient proche de la poésie. 

Encore plus fort: j’ai découvert le théâtre documentaire, qui flirte avec la réalité. Chez Milo Rau, les comédiens racontent posément leur vie, et cela trouve résonance en nous de la même manière qu’un drame inventé de toute pièces. Cela tient de l'alchimie. Dans la réalité, j'aime beaucoup écouter les gens me raconter leur vie, mais l'entrecroisement de la vie des comédiens dépasse tout cela. Car il y a des connections, des correspondances, qui font qu'écouter ces comédiens raconter touche à l'universel.
Correspondance géographique, car tous partagent l'exil, l'éloignement d'avec les proches, et lé retour ponctué de deuil. Mais également correspondance dans le temps: comme dirait Tchekhov , "rien n'est passé". Tout se répète: Et les champs de ruine antiques où a joué l'acteur grec répond au champ de ruines que devient la ville natale de l'acteur kurde.
Le retour au pays est certes possible, mais c'est un chemin pavé de tombes. Les cimetières se succèdent, que ce soit en Syrie, en Roumanie où lé père est incinéré, oû en Roumanie. Où on découvre un cimetière antique à côté de la maison familiale, affleurant sous le terrain. Mais tout est ruiné, littéralement . La crise arrête le chantier.
Cés récits de vie portent encore sur le rôle du théâtre dans la vie de scomédiens. 
Si le théâtre peut être salvateur, à l’image du comédien syrien qui se sauve par une boutade théâtrale, il est aussi source d’arrestation et d’éloigenement d’avec ses enfants.

C'est de la sélection de ces acteurs, dont les vies se répondent, que naît la sensation que l'homme partage un destin sur cette terre, qu'il est au centre. Et en tant que spectateur, nous avons notre part de responsabilité pour faire vivre, pour transmettre cet humanisme. Écouter l'autre est primordial, et c'est cette écoute qui rend possible toute histoire.
Et c'est pour cela que le spectateur par son écoute peut investir l'histoire, et le théâtre devient poésie.

Autre point à relever : la réapparition de la fiction.

J’ai beaucoup aimé quand soudain chez Milo Rau, l’articulation avec la fiction se fait. Le  théâtre documentaire redevient du théâtre : quand la comédienne roumaine qui a joué Médée, et lé comédien qui a joué Jason sur un champ de ruine échangent leur réplique.
Mais une amie me dit : qu’est-ce qui te fait croire que c’est de la fiction ? Ces scènes ils les ont déjà jouées, cé sont juste les comédiens qui racontent leur vie, à nouveau. Il est vrai que le dialogue entre les deux comédiens intervient après cet aveu de la comédienne: "ai-je été une mauvaise mère?". 

Le doute est permis, mais j’aime l’idée que soudain tout décolle. Et qu'on replonge dans la fiction. 


samedi 3 septembre 2016

Vertige


Certains d’entre nous se posent comme des observateurs, refusant d’être maîtrisés par le destin. Encore faut-il se demander si la notion de destin a encore un sens dans nos sociétés actuelles, où le culte de la course au bonheur écrase tout. Il faut être victorieux, se complaire dans le bonheur, et tant mieux si nous consommons.
Nous autres, nous préférons maîtriser notre trame narrative plutôt que de se laisser aller à celle proposée par la société. Nous ne voulons pas forcément arborer ce sourire niais de consommateur, acheter pour exister, comme le disait déjà Pasolini (cité par Milo Rau).
Nous ne voulons pas forcément des enfants ;  nous ne voulons pas forcément nous mettre avec un homme bon mais con, nous refusons le modèle de bonheur imposé par la société, cette dictature préformatée.
Alors oui nous avons parfois  l’impression d’être en dehors de nos vies, de ne pas essayer. Mais nous sommes une résistance.
Et nos essais portent sur des aspirations plus grandes que nous ne savons même pas nommer. Nous sommes touchés aux larmes au théâtre ou par Tchaïkovsky. Et nos doutes nous nourrissent.
Nous avons, comme tout raconteur d’histoire, un savoir de pythie. C’est de là que vient cette retenue à s’engager devant une histoire avec un autre, car déjà nous envisageons sa fin, ses tribulations, avant même qu’elle ne soit née. Nous n’avons pas oublié que le destin peut frapper à tout instant, et pour nous en préserver, nous observons.
Car nous refusons d’être réduits à des personnages, si la vie est une histoire ou une pièce de théâtre. Nous observons.

samedi 30 juillet 2016

Pour le 1er août - la Suisse existe-t-elle?

Nous sommes un peuple qui n’existe pas

Si l’on réfléchit, qu’est-ce que la nation suisse ? Une formidable invention du XIXe siècle, encore plus spectaculaire que ce que la troisième République a réussi à faire en France.
Des mythes fondateurs de guerriers alpins, jetant par-dessus les moulins les Habsbourgs, l’archiduc noyé dans le lac, les nobles écrasés sous les cailloux de Morgarten, Gessler terrassé par la tempête alors que son sort était le carreau d’arbalète....
Se réécrire, créer un ciment qui a toujours manqué.

Tous les historiens s’accordent à dire que le pacte de 1291 n’était pas un pacte fondateur. Pas de volonté de construire un pays commun. Juste un réseau de solidarité, d’entraide commune guerrière entre deux communautés montagnardes qui ne comptaient pas se laisser dicter sa loi par les hommes de la vallée.
La Suisse des XIII cantons avaient certes la notion de constituer quelque chose en commun, mais elle n’est guère allée au delà d’une confédération liée par les serments de ne pas s’allier Tout seul à l’étranger. S’il y avait une nation, il y en avait 13, et pas une seule indivisible. La Diète n’était là que pour régler les affaires courantes.
En fait, il y avait un sentiment d’appartenance, mais à son Stand, à son canton. C’est peut-être là la véritable nation. Une addition de cantons, et  la somme des parties  est-elle forcément davantage ? Avait-elle un petit supplément d’âme.

Les guerres de religion ont divisés les esprits, et  le  Sonderbund en fut le dernier avatar. On se dit que pour les affaires ce n’était pas bon. Et l’on mit sur pied la constitution de 1848, qui elle créa un pays. Mais une nation, peut-on en dire autant ?
Les gens aiment à opposer les régions linguistiques, et fonder un pays romand. Mais je crains qu’ils se trompent lourdement.
Travailler à Berne puis vivre à Zurich m’a fait découvrir que les Suisses allemands sont loin d’être monolithiques, et que finalement Bâlois et Genevois ont plus en commun que ces derniers avec les Jurassiens.

Après la constitution de 1848, peut-on dire qu’il y a une nation ? On crée des mythes fondateurs, certes, on l’enseigne à tous, ils s’exportent même à l’étranger. A tel point que nous croyons avoir inventé la démocratie directe dès le XIIIe siècle et que nous avons servi de modèle aux Américains, alors que le bicamérisme de 1848 vient directement de la constitution américaine. E t que les constitutions oligarchiques des cantons a subsisté après la fin de la Confédération.

Finalement qu’est-ce qui fait que la Suisse est un peuple ? L’est-elle vraiment ?
 Je dirais que oui : il y a une certaine volonté de rester ensemble, même si certains crachent sur les forces d’ouverture à l’oeuvre dans ce pays, comme s’ils vivaient encore dans les montagnes du XIIIe siècle.
Pour être provocatrice, mais même pas, je dirais que le ciment de la Suisse provient de l’immigration. Face aux autres qui s’installaient « chez nous » ; nous avons dû définir un minimum de sentiment d’appartenance. JE parle de la vie de tous les jours, et pas des mythes fondateurs. Ce  sont les étrangers qui s’installaient puis s’acclimataient, des familles dans différents cantons, qui ont créé un mouvement dans un pays exsangue où la libérté d'établissement n’existait de facto à cause des dissensions religieuses et ce  jusqu’au XIXe siècle.
Dans ce pays qui refuse toute force vive, et assimile le conflit à la destruction, comment peut-on s’exalter ? Certes le consensus est un outil politique de stabilité, et une manière très diplomate de rallier les minorités. Mais il manque parfois un grand souffle, une volonté de savoir où l’on veut aller. Qui fait défaut.
Surtout dans un monde qui a l’air de chanceler, et certains esprits barbares veulent faire croire à la guerre des civilisations.
 Nous devons savoir ce que nous sommes, 26 « peuples » au sens de communautés liés par la démocratie directe, par la mixité culturelle apportée par tous les hôtes qui se sont installés. Là sont les véritables valeurs suisses.

lundi 14 mars 2016

Plis


diaphane comme le dit le cliché, que la lumière traverse
comme une lampe allumée la jeunesse
mais froissée froissée
l'été déjà arrivé
comme une pomme
les plissements, le froissement
la si fragile peau qui laissait entrevoir votre lumière vous lâche

dimanche 14 février 2016

Joy

Mon texte a été publié aujourd'hui dans une revue en ligne:

http://www.lepitre.ch/index.php?a=texte.php&texte=444

mercredi 3 février 2016

Carnet de rêve

J'étais à New York je crois, ou peut-être.
Une rue en pente, des pavés, des façades de molasse, guère new yorkais tout ça. Je devais emménager chez une amie et je transportais des affaires, va et vient.
Je laissais tomber un carton sur le trottoir, bizarrement rempli uniquement de maquillages. Les poudres se mélangeaient et les mascaras une fois ouverts se révélaient être des rouges à lèvres. Les passantes accouraient pour piller mes affaires détruites, s'extasiant devant le mascara rouge à lèvre.
Je gueulais pour la forme, mais tout cela me dégoûtait, les fards dégoulinant sur les trottoirs.

Après je ne me rappelle plus, mais en fait un homme m'a donné un chouette cadeau existentiel, genre une affiche mais je ne me rappelle plus

Bref, j'entrais chez lui. Soudain je l'aimais et j'étais déterminée à vivre avec lui. Mais rien de tangible dans ce sentiment amoureux, juste une certitude. Et tout cela ne se concrétisait pas du tout.

L'homme n'avait rien de spécial, il jouait de la guitare assis sur une chaise. Pas de lit dans sa chambre, mais une batterie. Je gueulais que je ne pouvais pas vivre dans un tel bordel. IL rit et me dit de faire le tour de l'appart. Je vois alors une porte que je n'avais pas remarqué jusqu'à présent. En fait son appartement suivait une courbe, le long d'une vitrine. Il y avait la chambre de représentation, où des mannequins alternaient avec des vélos et des objets de brocante rutilants.
Puis enfin la chambre, qui étaient une ancienne boutique anglo-saxonne. LEs boiseries multicolores typiques se retrouvaient également à l'intérieur, jaune coquille ou bleu délavé, et le chambranle de la porte était constitué de colonnes grecques. Un lit, mais aussi un comptoir. Quelle bizareté d'avoir sa chambre en vitrine. Sur ce je me réveillais.

dimanche 17 janvier 2016

Clé de songes

La clé des songes

J’étais à Zurich, je le savais vaguement car j’ai trouvé une boutique connue (je ne sais plus laquelle), puis je sortie par l’arrière et je suis arrivée à cet endroit magique de Zurich où ds ma tête le Kreis 4 se rapproche géographiquement, et que tout fait sens et que j'arrive m'orienter. Kalkbreite, avec le cinéma et le nouveau complexe. Soudain au lieu d’aller à gauche vers le tournant du tram, je remarquais une rue pavée que je n’avais jamais remarquée. Je l’a pris. Elle montait et soudain je savais que j’étais à Prague, mais dans une partie de la ville que je n’avais jamais encore visité. J’avais une vue magnifique vers une cathédrale, qui ressemblait à celle de Fribourg. Dans les deux trouées j’ai vu de magnifiques canaux et la lumière se divisait comme celle d’un prisme.
J’ai eu beau essayé je n’arrivais pas à la prendre en photo.
Derrière moi s’énervait une famille de touristes, et aussi une fille qui était derrière moi dans la montée, poussant un charriot Migros. Je suis revenue sur mes pas et j’appréciais ce moment : de jolis cafés et un groupe de bossa nova qui jouait sur la terrasse. JE pris à droite dans une ruelle transversale, et m’aperçu que j’étais sur un quai. La mer déborda et faillait me lécher les pieds, mais je me retirais juste à temps. Puis elle déborda vraiment et m’emporte jusqu’à la rue, au-delà des terrasses.
J ?étais trempée : je portais un caraco jaune d’oeuf et un short en léopard. Un gentil touriste américain me parle : je lui dis je suis trempée, il m’a dit j’ai vu. Il me proposa de visiter la ville ensemble, et c’était génial. On se tenait par la main, faisait des photos ensembles. IL avait un regard doux, très maigre, des cheveux noir mi long, un nez fin. Les rues ressemblaient à celle de Prague, des hôtels particuliers, des couleurs pastels. Pendant qu’il prenait en photo des passants sur une terrasse, je m’approchais d’un énorme fronton vert sapin, qui arborait un signe rond disant que c’était la résidence du nonce du pape. Sur la porte, également un signe en cyrillique, disant qu’une sainte y avait martyrise. J ?ai pensé Vaclav Havel, mais non juste une sainte et ce n’était pas milady horakovie. (Une dissidente tchèque)
Je proposais d’aller boire un verre sur une terrasse, nous ne trouvions une mais qui donnait sur une rue passante. Je vis alors que mon caraco était entrouvert. L’américain traversa la rue, moi aussi, mais les voitures ne me laissaient pas passer et finalement je fus heurtée par une voiture.

Puis soudain je fus tirée de mon rêve par un bruit : un oiseau qui tapait sur la vitre. Réveillée je me levais en vitesse, pour voir avec horreur que c’était un énorme Milan surdimensionnée. J’eu très peur qu’il casse la vitre et m’embroche avec son bec, mais au prochain regard je vis soudain que c’était une copine, portant ses skis, qui voulait entrer. JE lui ouvrir la fenêtre, elle était enjouée, mais les couleurs bizarres, saturées, comme si elle avait été photoshoppée là, venant d'un autre écran de télévision. Prise d'un pressentiment bizarre, je sus que ce n’était pas ma copine et lui fermais la porte. Je réalisais que j’étais encore dans mon rêve : je fais le tour de l’appartement, et il était normal, mais comme après une fête et bcp de fumée rouge de fan, comme dans un match de foot. Je me dis c’est bizarre, comment je vais savoir quand je me réveillerai ? Et je suis toute seule à la maison comment vais-je me réveiller ?
Soudain j’étais à Rome, marchant parmi les voitures : j’essayais d’en héler une mais encore une fois elle me renversa. Alors je rencontrais un professeur qui faisait partie de l'école d’espion que depuis le début j’avais intégrée. Mais il était en effet un agent double et m’a kidnappé. On est descendu en rappel le long d’une façade grâce à un système de poulie impliquant une chaise longue. Et puis en dessous, un chat qui portait un pull-over Zalando, m’a donné de nouveaux habits. Et je crois que je me suis réveillée.

samedi 16 janvier 2016

Bowie

L'univers en expansion pour toujours. 
Et les trous noirs avalent goulûment des soleils égarés. 
Mais l'étoile noire s est éteinte.