Pour sa 50 ème exposition, Julien Kolly a visé haut. Ce jeune
Fribourgeois de 34 ans va ouvrir le 27 février la première galerie en
Suisse allemande consacrée au "street art". Il aura pignon sur rue à
Zurich, dans le quartier branché de Seefeld, regorgeant de galeries et
de bureaux de graphistes. Il frappe également fort en exposant Jon0ne,
un des artistes les plus connus de la scène du "street art", né en 1963 à
New York et vivant à Paris.
Le "street art" ? Il s’agit d’artistes qui ont débuté dans la rue en y
apposant leurs œuvres. "Le street art se définit par un processus
artistique nouveau. L’artiste ne veut plus attendre de trouver un lieu
pour exposer. Il crée dans la rue. C’est une prise de possession d’une
partie de l’espace commun, pour y montrer visuellement ce qu’on a envie
d’y voir. Cela part d’une volonté de s’approprier et d’égayer l’espace
public", explique à webzine.ch Julien Kolly.
Au début, les artistes issus de la scène "street art" n’ont pas de
vocation artistique, mais sont mus par la volonté de marquer leur
territoire. En apposant son tag sur les métros, "JonOne voulait voir son
nom écrit partout", explique Julien Kolly. Puis, en travaillant sur son
tag, sur sa signature rendue abstraite, JonOne, s’est intéressé à
l’art. "Il a évolué dans le processus et le graffiti lui a permis
d’ouvrir les portes des musées", selon Julien Kolly. D’où la création de
graffitis dans l’univers gris de la rue, et une recherche artistique.
A
la base du travail de JonOne se trouve la recherche du "flash de
couleurs". " Il veut reproduire l’impression que lui fait un wagon de
métro sortant à grande vitesse d’un tunnel". Autour tout est gris, le
ciel, le goudron, les immeubles. Le métro et ses graffs colorés
apportent ainsi la seule touche de couleur, un choc salutaire.
On retrouve cette force et ce dynamisme dans les toiles de JonOne. Il
n’utilise plus les bombes de peinture, mais les pinceaux et les
éponges. Mais il a conservé son goût du mouvement. "Il peint à grand
geste", confirme Julien Kolly. Les projections de peinture de JonOne et
la sensation de mouvement qui ressort de ses toiles font penser à
certaines œuvres de Pollock.
"L’inspiration vient des paysages urbains", animés par les touches de
couleurs des graffitis, relève Julien Kolly. JonOne, s’il a renoncé à
ses bombes de peinture, reste fidèle à son tag, qu’il répète ainsi à
l’envie sur la toile. Sa signature rendue abstraite se voit ainsi
répéter à l’infini sur fond de couleurs.
Le public visé de la galerie: les amateurs d’arts, mais pas
seulement. Julien Kolly cible également les investisseurs, une des
raisons pour laquelle il est venu à Zurich. "Zurich est l'endroit où
être en Suisse actuellement: on peut y apporter des choses qui sont à la
pointe du mouvement artistique", confie-t-il. Mais c'est également un
lieu où se bousculent les investisseurs, qui n'hésitent plus à investir
dans le "street art". A l’image des traders, qui aiment bien détenir une
œuvre de street art. "Ils peuvent ainsi détenir une part d’interdit, et
de fun, ce qu’ils ne peuvent pas se permettre dans la vie de tous les
jours", relève Julien Kolly.
L’exposition de JonOne, qui sera vernie le 27 février1,
est intitulée "Cryptation" et s’inspire de la figure d’Edward Snowden.
Pour JonOne, Snowden est un "vrai graffeur, un vrai rebelle, un vrai
héros".
mercredi 2 avril 2014
jeudi 13 mars 2014
Josefwiese
Je m’enfonce, je
m’enrobe dans le petit coton des jours qui passent en défilant leur petite
routine. J’en deviens un petit zombie décousu mal recousu.
Parfois j’émerge.
Aujourd’hui suis
allée manger à la Josefwiese, un endroit qui sur le papier n’aurait rien pour
être mentionné, un carré de parc, une allée avec des peupliers, des colonies de
poussettes et de mères plus jeunes que moi, aux yeux moins plissés que les
miens. Mais in situ, le tout a un charme quasi cosmique, comme si le temps s’y
était arrêté.
C’est peut-être
l’attrait du viaduc, où filent parfois les trains en faisant trembler les
boutiques bobo cises en dessous. La coulée mobile s’oppose aux colonnes des
peupliers, le tout sur fond vert du carré. Et la clé est de savoir que les
trains poussent jusqu’à l’aéroport. En somme, ce parc sonne comme la
possibilité d’une fuite.
Je ne sais.
C’est toujours que j’y suis dans un ciel bleu éclatant pommelé de nuages.
Peut-être là uniquement la clé de son charme. Je devrais tenter le coup un jour
de novembre plombé, sourd comme une chambre de motel emplie de moquette ou
triste comme un couloir d’hôpital.
Bref, je m’y
assois et j’ouvre mon livre. A ma droite, des groupes jouent à la pétanque, tout
âge mélangé. Un seul répond à ma conception du véritable pélotiste. Un vieux
petit monsieur râblé, au ventre proéminent, un Méridional, ça se voit à sa
casquette. Un pro de la pétanque, on le devine au mètre qu’il promène partout
pour mesure la distance qui sépare les boules du cochonnet. Il joue avec des
jeunes gens, qui ont garé leur vélo pas loin. Une jeune fille complète le
groupe.
Je me demande si
ces gens se connaissaient avant d’entrer dans le parc. Ou s’il suffit d’y
arriver avec sa panoplie, ses boules et aussi d’entrer dans la société secrète.
Si c’est le cas, j’envie profondément cette socialisation facilitée, que je
n’ai vue jusqu’alors qu’auprès de rombières à teckel.
A ma gauche, un
tintamarre ne se réduit pas. Je ne comprends rien à la conversation, cela doit
être du suisse allemand, mais celui qui parle ne doit pas le maîtriser
complètement. Il lance les sons comme d’autres des bombes, la langue n’est plus
qu’éclatement sonore. Il doit parler le dialecte comme il parle sa langue
maternelle, une langue asiatique si j’en crois ses yeux bridés.
Mais son teint
est plus cuivré que les Asiatiques du Sud-Est, et à sa manière de s’asseoir
accroupie derrière le peuplier, il me fait penser aux chauffeurs de taxi d’Asie centrale qui peuplaient les rues de
Bichkek, se délassant ainsi dans l’attente des clients.
Il fait une
pause, mais invective toujours les joueurs de ping pong qui ont pris sa place.
C’est visiblement un tournoi, mais le groupe disparate attire les regards. Il y
a un chauve à chemise lamée (oui lamée, comme dans une soirée disco) qui
scintille au soleil à chacun de ses mouvements. Il parle parfois en français,
parfois en dialecte. L’autre joueur est de dos et n’a rien de spécial. A côté,
un autre Asiatique, plutôt replet et à la coupe de cheveux stylé (je dirais une sorte de banane nord-coréenne), attend son
tour, à côté d’un petit garçon basané. Quel groupe.
« Kommunistich,
du » je comprends enfin un mot de la diatribe du chauffeur de taxi
accroupi. Les autres répondent. « ja
aber es waren Kommunisten im Nord Vietnam » s’entête-t-il à tue tête. Je m’étais trompée: il doit être vietnamien. Une fois l’accusation lancée (à qui est-elle
destinée?) il se calme. Le groupe continue de jouer au ping pong. Parfois une
balle tombe à mes pieds. On vient la ramasser.
Le train sur le
viaduc repasse. Pas besoin de le prendre pour s’évader.
vendredi 28 février 2014
zalotoy gorad
Se promener dans la ville d’or, où les murs écrus baignent dans la lumière dorée du soir, là où les arbres, mieux que toutes les orfèvreries du monde, cisèlent délicatement leur coulée ambrée au travers des rues……… puis passer un moment dans un endroit agréable, avec des gens sur lesquels on peut compter, puis revenir en marchant sur les quais près des eaux noires, en admirant une église néo-russe, tout en contemplant la lune…
Partout, la lumière diffuse et dorée, dans les rues, sur les arbres, le soir, et même les eaux noires des canaux se teintaient d’or…
Mais le répit est bref.
Et bien tout la luminosité dorée de cet instant a disparu… le soleil n’est plus, dans les rues, je me retrouve presque à berne, noyée sous la pluie et la grisaille.
L’automne est partout pareil finalement, ses ors déployées contrent une nostalgie latente, celle de la splendeur de l’été, mais les ors passent, les feuilles trépassent et l’on se retrouve face à soi-même, et la mélancolie ne nous quitte plus…
Voilà pourquoi il est nécessaire que tombe la neige, car chacun a soif de pureté et d’innocence et que le froid immaculé et le silence lavent les âmes les plus tenaces et les rancoeurs les plus inavouées….
ne plus penser, ne plus écrire… Penser que je retrouverai peut-être un
jour une telle passion incompréhensible et pour les trois quart réécrites par
moi, car en trois rencontres je peux combler beaucoup de vides et de non-dit,
je suis douée pour l’interprétation des signes…. Donc ne plus voir de signes
nulle part, ne plus attendre quoi que ce soit, et espérer qu’il existe des
hommes bons, terriblement ennuyeux et bons, qui sauront prendre soin de moi et
de mes angoisses, et où je pourrais rêver entre leurs bras à des statues
dorées, des corps sculpturaux et des yeux clairs….
lundi 27 janvier 2014
Petite histoire ferroviaire
et oui je réactive le blog.
Mais tout gentiment, car j'ai perdu beaucoup de sève ces dernières années, à trimer sur les diverses révolutions et catastrophes écologiques.
je me propose de vous faire partager quelques petites perles quotidien.
Echec du langage corporel.
Un spécimen de la section bernoise du Club alpin vient de pénétrer en coup de vent - surprenant pour une Bernoise - dans le wagon.
Elle est reconnaissable à sa veste Mamouth. Mais finalement, elle ne doit pas être si sportive: son bonnet et son pull sont en laine, ce que plus aucun sportif digne de ce nom ne porte de nos jours.
Avec la même brusquerie dont elle a fait preuve en arrivant, elle s'assied abruptement sur une place libre. Cette rage est-elle due au fait que son désormais voisin, vautré sur son siège, a mis ses pieds sur la banquette d'en face? Ainsi installé, il regarde un film sur son ordinateur portable, les écouteurs vissés sur les oreilles.
Elle garde son sac et sa veste sur ses genoux, comme pour signifier à l'autre qu'il s'étale alors qu'elle est encombrée.
Il ne bronche pas.
Dix minutes plus tard, elle enlève son bonnet et sa veste, fourrage et les mets en boule, se relève, s'assied, et disparaît sous la pyramide constituée par ses habits et son rücksack.
L'autre n'esquisse aucun geste.
IL reste vingt minutes jusqu'au prochain arrêt et chacun va camper ses positions. Aucun mot n'est échangé.
Mais tout gentiment, car j'ai perdu beaucoup de sève ces dernières années, à trimer sur les diverses révolutions et catastrophes écologiques.
je me propose de vous faire partager quelques petites perles quotidien.
Echec du langage corporel.
Un spécimen de la section bernoise du Club alpin vient de pénétrer en coup de vent - surprenant pour une Bernoise - dans le wagon.
Elle est reconnaissable à sa veste Mamouth. Mais finalement, elle ne doit pas être si sportive: son bonnet et son pull sont en laine, ce que plus aucun sportif digne de ce nom ne porte de nos jours.
Avec la même brusquerie dont elle a fait preuve en arrivant, elle s'assied abruptement sur une place libre. Cette rage est-elle due au fait que son désormais voisin, vautré sur son siège, a mis ses pieds sur la banquette d'en face? Ainsi installé, il regarde un film sur son ordinateur portable, les écouteurs vissés sur les oreilles.
Elle garde son sac et sa veste sur ses genoux, comme pour signifier à l'autre qu'il s'étale alors qu'elle est encombrée.
Il ne bronche pas.
Dix minutes plus tard, elle enlève son bonnet et sa veste, fourrage et les mets en boule, se relève, s'assied, et disparaît sous la pyramide constituée par ses habits et son rücksack.
L'autre n'esquisse aucun geste.
IL reste vingt minutes jusqu'au prochain arrêt et chacun va camper ses positions. Aucun mot n'est échangé.
samedi 30 juillet 2011
#destination inconnue
Qui suis je a vouloir partir sous d autres latitudes??
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lundi 6 juin 2011
insomniac/amnesiac
et soudain l'insomnie me prend......
........ un jour j'étais tellement fatiguée que je me suis convaincue qu'"insomniac" était le titre d'un très bon album de Radiohead avant de me rappeler qu'il s'appelait "amnesiac".
Mais le procédé doit être du même acabit, en ordre inverse. Si l'insomnie fait sortir les idées du cerveau et les laisse mariner là haut sur le plafond de la chambre, s'étalant pour prendre des dimensions insoutenables - tout problème devient toujours irrésoluble par nuti d'insomnie - ou alors - oh joie insoupçonnée - des allures profondément créatrices (qui parfois retombent comme un soufflé au réveil), l'amnésie prive le cerveau de tout fondement.
vierge
atone
vide
est notre esprit.
Si les idées fusent et diffusent sur le plâtras de la chambrette - comme si notre cerveau, par un beamer invisible, dardait ses rayons sur l'écran blanc du plafond, le phénomène est inverse dans l'amnésie. Tout est avalé par un trou noir.
je me rappelle qu'une fois, il y a peut-être cinq ans, j'ai passé une journée entière à ne pas me rappeler le mot "scalpel". Là, plus près de moi, je ne me rappelais plus du mot "alhambra", j'avais beau essayé de le faire ressusciter dans ma tête, mais seul venait "alcazazar" et des images de cuisses emplumées qui semblaient dépareillées aux ors nasrides.
Bref, vient un temps où il faut admettre qu'une certaine forme d'amnésie nous prend le temps aidant. Déjà oubliés les théorèmes de Pythagore et je ne parle même pas des tangentes et autres cosinus. Des bancs de l'université me restent quelques anecdotes.
et je me dis que j'ai été sotte de ne pas journellement coucher mes impressions et autres dialogues. Mais pour faire revivre le tout, pour donner vie au soufflé désagrégé de ma vie, il faut du Michel Butor ou alors carrément du Proust, et je n'ai aucune vie de prêter le jeu à une comparaison que je sais d'avance ridicule.
amnésiaque...
le cerveau vide
atone
vierge
comme une tabula rasa. Comme ces gens qui disparaissent, hâpés par un panneau "déviation" sur le chemin du boulot. Se prêter au jeu du recommencement, car c'est tellement plus facile de faire face.
de recomposer
une à une
les images du plafon
pour en faire émerger la signification.
Toute vie ne se résume-t-elle pas à rassembler les signes présents sur notre route, et à y insuffler du sens? Que les symboles cessent de résonner comme de l'airain et prennent chair?
Les idées, une rassemblées, vont ainsi sagement reprendre place dans ma tête, et moi pouvoir me rendormir.
........ un jour j'étais tellement fatiguée que je me suis convaincue qu'"insomniac" était le titre d'un très bon album de Radiohead avant de me rappeler qu'il s'appelait "amnesiac".
Mais le procédé doit être du même acabit, en ordre inverse. Si l'insomnie fait sortir les idées du cerveau et les laisse mariner là haut sur le plafond de la chambre, s'étalant pour prendre des dimensions insoutenables - tout problème devient toujours irrésoluble par nuti d'insomnie - ou alors - oh joie insoupçonnée - des allures profondément créatrices (qui parfois retombent comme un soufflé au réveil), l'amnésie prive le cerveau de tout fondement.
vierge
atone
vide
est notre esprit.
Si les idées fusent et diffusent sur le plâtras de la chambrette - comme si notre cerveau, par un beamer invisible, dardait ses rayons sur l'écran blanc du plafond, le phénomène est inverse dans l'amnésie. Tout est avalé par un trou noir.
je me rappelle qu'une fois, il y a peut-être cinq ans, j'ai passé une journée entière à ne pas me rappeler le mot "scalpel". Là, plus près de moi, je ne me rappelais plus du mot "alhambra", j'avais beau essayé de le faire ressusciter dans ma tête, mais seul venait "alcazazar" et des images de cuisses emplumées qui semblaient dépareillées aux ors nasrides.
Bref, vient un temps où il faut admettre qu'une certaine forme d'amnésie nous prend le temps aidant. Déjà oubliés les théorèmes de Pythagore et je ne parle même pas des tangentes et autres cosinus. Des bancs de l'université me restent quelques anecdotes.
et je me dis que j'ai été sotte de ne pas journellement coucher mes impressions et autres dialogues. Mais pour faire revivre le tout, pour donner vie au soufflé désagrégé de ma vie, il faut du Michel Butor ou alors carrément du Proust, et je n'ai aucune vie de prêter le jeu à une comparaison que je sais d'avance ridicule.
amnésiaque...
le cerveau vide
atone
vierge
comme une tabula rasa. Comme ces gens qui disparaissent, hâpés par un panneau "déviation" sur le chemin du boulot. Se prêter au jeu du recommencement, car c'est tellement plus facile de faire face.
de recomposer
une à une
les images du plafon
pour en faire émerger la signification.
Toute vie ne se résume-t-elle pas à rassembler les signes présents sur notre route, et à y insuffler du sens? Que les symboles cessent de résonner comme de l'airain et prennent chair?
Les idées, une rassemblées, vont ainsi sagement reprendre place dans ma tête, et moi pouvoir me rendormir.
jeudi 19 mai 2011
train de nuit pour lisbonne
Est-ce cela la vie : ne reconnaître des autres que l’empreinte qu’ils laissent dans notre rétine, alors que ce reliquat, qu’ils veulent bien nous donner, change d’après notre humeur ? Est-ce toute la réalité d’un univers entier se meut derrière des lunettes que nous chaussons en même temps que notre conscience et par là même notre subjectivité ? J’aimerais tant pouvoir communier avec les autres, et parfois les murs se fissurent et un instant vrai et pur – de la grâce comme sait si bien la capter Terrence Malick, dénuée de toute intellectualisation et pure sensation – se dégage..
Tout langage est-il un signe tendu à l’autre ? certains voient toute relation avec l’autre comme un combat permanent, que ce soit pour le séduire, ou l’anéantir sous sa volonté. Certains jalousent les autres, ou se complaisent dans les ragôts….. Il me semble que bien peu cherchent à partager des réflexions sur ce qui fait la vie, sur son tissu chatoyant, ses rouages qui parfois se grippent….
Alors que le monde est rempli de symboles, une forêt entière selon Baudelaire, et bien peu cherchent à relier les signes entre eux, à rendre lisible cette réalité cachée, ces ondes muettes qui traversent le monde. A transformer des points en des constellations.
Tout langage est-il un signe tendu à l’autre ? certains voient toute relation avec l’autre comme un combat permanent, que ce soit pour le séduire, ou l’anéantir sous sa volonté. Certains jalousent les autres, ou se complaisent dans les ragôts….. Il me semble que bien peu cherchent à partager des réflexions sur ce qui fait la vie, sur son tissu chatoyant, ses rouages qui parfois se grippent….
Alors que le monde est rempli de symboles, une forêt entière selon Baudelaire, et bien peu cherchent à relier les signes entre eux, à rendre lisible cette réalité cachée, ces ondes muettes qui traversent le monde. A transformer des points en des constellations.
A écouter mugir les torrents et savourer leur petite musique.
A tenter de déchiffrer la respiration marine et sa longue phrase à jamais inintelligible.
Parole sacrée, qui résonne comme un gong, qui touche certains, mais bien peu…
Fièvreuse attente, comme les câbles et les rails qui grésillent avant le passage d’un train.
Parole sacrée, qui résonne comme un gong, qui touche certains, mais bien peu…
Fièvreuse attente, comme les câbles et les rails qui grésillent avant le passage d’un train.
ps: et oui je lis Train de nuit pour lisbonne...
mardi 1 mars 2011
Nouvel an romain
Saviez-vous que l'année romaine débutait, non pas en janvier, mais en mars? voilà pourquoi le mois de décembre est étymologiquement le dixième, et octobre le huitième...
Mars: c'était le début du nouveau calendrier, le changement des consuls.
Les proconsuls de nos jours virent aussi, au rythme du printemps qui agitent les peuples arabes. Si le printemps possède une force explosive, "avec des bourgeons fumants comme des poings d'enfants" dirait Corinna Bille, ce souffle de liberté qui fait gonfler des millions de poitrine, ces cris qui affleurent sur des millions de lèvres, ne peut que réjouir les coeurs, et pour une fois laisser de côté les cerveaux, qui pensent déjà aux multiples conséquences - et l'on ne peut que se gausser de la Suisse, qui a déjà peur à ses trop pleins de réfugiés.
Dans "Le temps" d'aujourd'hui, on lit "l'histoire qui semblait s'être arrêtée est à nouveau en mouvement"
Mars: c'était le début du nouveau calendrier, le changement des consuls.
Les proconsuls de nos jours virent aussi, au rythme du printemps qui agitent les peuples arabes. Si le printemps possède une force explosive, "avec des bourgeons fumants comme des poings d'enfants" dirait Corinna Bille, ce souffle de liberté qui fait gonfler des millions de poitrine, ces cris qui affleurent sur des millions de lèvres, ne peut que réjouir les coeurs, et pour une fois laisser de côté les cerveaux, qui pensent déjà aux multiples conséquences - et l'on ne peut que se gausser de la Suisse, qui a déjà peur à ses trop pleins de réfugiés.
Dans "Le temps" d'aujourd'hui, on lit "l'histoire qui semblait s'être arrêtée est à nouveau en mouvement"
mercredi 19 janvier 2011
En lisant Exil de Saint-John Perse

Tant de bouillonnement en moi, qui ne franchit qu’à peine mes lèvres pincées, tel un bec de calamar, qui ne fuse que de façon hâchée de mes doigts
Alors que j’aimerais pouvoir marcher sur une grève, sentir les flux marins se lever au bon vouloir de la lune qui là-haut danse dans le ciel
J’aimerais pouvoir avoir un tel pouvoir sur mon flot intérieur : parfois la digue se perfore et à nouveau je ressens quelque chose, j’arrive à toucher du doigt ce que je veux exprimer, et mon être littéraire s’humecte à nouveau, se baigne dans la magie du monde.
Cette atmosphère qui devrait m’imprégner toute entière, comme une « golden haze », un brouillard doré de bon souvenir (oh les griffons énigmatiques près du canal griboieva), n’existe plus qu’à peine. On dirait qu’elle suit le réchauffement climatique et s'est à jamais desséchée
J’aimerais pouvoir déverser mes mots dans un long flot ininterrompu – peut-être « à jamais inintelligible » - un long écoulement de l’âme comme lorsque j’arrivais à changer sans heurt, que ma poitrine n’était pas cette cage en fer qui m’oppresse.
Oh souffle, pourquoi m’as-tu quitté ? je vis dans un réel, une vie inélégante d’adulte, où les problèmes terre-à-terre que j’ai si longtemps écarté d’une moue dédaigneuse (bénéfices, bruttoertrag et tutti quanti) peuplent mes journées.
(chant III:
"et toujours il y eut cette grandeur, et toujours il y eut cette candeur,
cette haute transe
et sur toute grève de ce monde, du même souffle proféré,
une vague proférant une même et longue phrase, sans césure,
à jamais inintelligible"
désolé je cite de mémoire, il me semble que j'oublie des mots, je vous conseille le poème)
samedi 13 novembre 2010
grenade
Les pavés lisses de Grenade sont rafraîchissants sous mes pieds. Je me hâte, car même les Gitanes, qui me tendaient, impérieuse, leurs brins de romarins, ne m’accordent plus aucun regard. Car la courroie de mon nu-pied a cédé et je me retrouve va-nu-pied errant dans les ruelles près de la catédrâle.
J’ai bien tenté d’entrer dans une boutique du vieux souk reconstruit et où s’entasse des colifichets touristiques. Une Espagnole peroxydée, à la choucroute débordante et à l’œil chargé d’eye-liner, me refuse un sac en plastique pour envelopper mes pieds.
Elle n’en a pas.
Sans me décomposer, je tends le doigt vers les sachets en plastique, sagement accrochés à côté de la caisse enregistreuse. Son regard devient torve - c’est toujours non. Une gêne qu’elle dirige contre moi. Je devrais avoir honte, mais je suis juste encolère et pendant une demi-seconde, je m’imagine bondir sur les sachets en plastique et partir en courant. L’absurdité de la situation me saisit. Je m’en vais et regagne mon hôtel. Dix minutes à pieds.
Les pavés lisses de Grenade sous mes pieds
D’autres pavés, plus granuleux, le long de quais où la Nieva impétueuse fait soulever sa couche de glace. Cette atmosphère ouateuse et dorée. Un griffon veillait sur mon sommeil, là tout près du canal Griboïedeva-
Me revoilà à Fribourg. Les mêmes feuilles dorées tapissent les rues qu’à St-Pétersbourg. Je passe sous une chouette dorée et je pense à Athéna. Je pense à toute la somme de connaissance que j’ai accumulée et qui dorme, inactivée, quelque part dans mon cerveau. Toute cette matière qui ne demande qu’à être couchée, ligne après ligne.
Toute cette chaleur sèche, un réconfort andalou. Tout comme les vols des martinets, là-haut dans le ciel. Seul cette mésaventure égaie le séjour d’une note sourde, une note jaune. Sur le mirador St-Nicolas, je regarde les carrés ocres de l’Alhambra, ponctués de cypres exclamatifs – même la nature se pâme – et je suis apaisée.
Impossible d’introduire ici un autre personnage. Seul des touristes américains prennent ça et là des photos. Mais sinon je suis seule. Je parle aux marchands de sandwich et aux Gitanes dans les rues, qui m’agrippent d’un guapa, guapa, dont je n’arrive qu’à grand-peine de me de délivrer.
ET puis je vais écouter le sommeil si doux d’Isabelle la Très Catholique, au double menton dont le tremblement est figée dans la pierre. Son beau-fils, Maxilimien, a une tête prognathe d’Habsbourg. Mais pour veiller sur les corps royaux, des fleurs bourgeonnent au plafond, alors que les grilles en fer forgés revêtent leurs plus beaux ors.
Parfois je suis lasse d’être touriste et j’aimerais pouvoir devenir transparente pour mieux saisir le quotidien des Grenadins. A deux reprises j’ai, d’un pas silencieux, tenté le coup. J’ai longé les longs couloirs de l’université, bourdonnants d’étudiants (fais-je encore illusion ?), avant de découvrir des patios poussiéreux, où des hibiscus débordent sur des fontaines en pierre.
Puis j’arpente l’hôpital, de patio en patio, entre des gens qui patientent pour le service de nécrologie. Je picore la vie – mais en fais-je encore partie ?
J’ai bien tenté d’entrer dans une boutique du vieux souk reconstruit et où s’entasse des colifichets touristiques. Une Espagnole peroxydée, à la choucroute débordante et à l’œil chargé d’eye-liner, me refuse un sac en plastique pour envelopper mes pieds.
Elle n’en a pas.
Sans me décomposer, je tends le doigt vers les sachets en plastique, sagement accrochés à côté de la caisse enregistreuse. Son regard devient torve - c’est toujours non. Une gêne qu’elle dirige contre moi. Je devrais avoir honte, mais je suis juste encolère et pendant une demi-seconde, je m’imagine bondir sur les sachets en plastique et partir en courant. L’absurdité de la situation me saisit. Je m’en vais et regagne mon hôtel. Dix minutes à pieds.
Les pavés lisses de Grenade sous mes pieds
D’autres pavés, plus granuleux, le long de quais où la Nieva impétueuse fait soulever sa couche de glace. Cette atmosphère ouateuse et dorée. Un griffon veillait sur mon sommeil, là tout près du canal Griboïedeva-
Me revoilà à Fribourg. Les mêmes feuilles dorées tapissent les rues qu’à St-Pétersbourg. Je passe sous une chouette dorée et je pense à Athéna. Je pense à toute la somme de connaissance que j’ai accumulée et qui dorme, inactivée, quelque part dans mon cerveau. Toute cette matière qui ne demande qu’à être couchée, ligne après ligne.
Toute cette chaleur sèche, un réconfort andalou. Tout comme les vols des martinets, là-haut dans le ciel. Seul cette mésaventure égaie le séjour d’une note sourde, une note jaune. Sur le mirador St-Nicolas, je regarde les carrés ocres de l’Alhambra, ponctués de cypres exclamatifs – même la nature se pâme – et je suis apaisée.
Impossible d’introduire ici un autre personnage. Seul des touristes américains prennent ça et là des photos. Mais sinon je suis seule. Je parle aux marchands de sandwich et aux Gitanes dans les rues, qui m’agrippent d’un guapa, guapa, dont je n’arrive qu’à grand-peine de me de délivrer.
ET puis je vais écouter le sommeil si doux d’Isabelle la Très Catholique, au double menton dont le tremblement est figée dans la pierre. Son beau-fils, Maxilimien, a une tête prognathe d’Habsbourg. Mais pour veiller sur les corps royaux, des fleurs bourgeonnent au plafond, alors que les grilles en fer forgés revêtent leurs plus beaux ors.
Parfois je suis lasse d’être touriste et j’aimerais pouvoir devenir transparente pour mieux saisir le quotidien des Grenadins. A deux reprises j’ai, d’un pas silencieux, tenté le coup. J’ai longé les longs couloirs de l’université, bourdonnants d’étudiants (fais-je encore illusion ?), avant de découvrir des patios poussiéreux, où des hibiscus débordent sur des fontaines en pierre.
Puis j’arpente l’hôpital, de patio en patio, entre des gens qui patientent pour le service de nécrologie. Je picore la vie – mais en fais-je encore partie ?
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